Logique respectée aux prix Opus

À Québec, c’est sans surprise le «Vaisseau fantôme» de François Girard au Festival d’opéra qui a été honoré. Il prendra l’affiche à New York en mars.
Photo: Louise Leblanc À Québec, c’est sans surprise le «Vaisseau fantôme» de François Girard au Festival d’opéra qui a été honoré. Il prendra l’affiche à New York en mars.

Le Conseil québécois de la musique, qui organisait dimanche à la salle Bourgie son 23e gala des prix Opus, a notamment distingué la production du Vaisseau fantôme, de Wagner, mise en scène par François Girard à l’Opéra de Québec, et Le château de Barbe-Bleue, de Bartók, dirigé par Yannick Nézet-Séguin à la Maison symphonique. Un « prix Hommage » a été décerné à Monique Dubé de Pro Musica.

Le Conseil québécois de la musique, qui regroupe organismes et professionnels de la musique de concert et a pour objectif la reconnaissance, le développement et la défense des intérêts du milieu musical québécois, avait, pour cette 23e édition de ses prix Opus réussi à bonifier plusieurs prix. Ainsi, Éric Champagne, compositeur de l’année, s’est vu attribuer une bourse de 10 000 $ et l’Ensemble Paramirabo, interprète de l’année, 5000 $. Éric Champagne n’est pourtant pas l’auteur de la « création de l’année », Ode au métal, de Sonia Paço-Rocchia.

Le « concert de l’année » à Montréal est Le château de Barbe-Bleue, de l’Orchestre Métropolitain, avec Michèle Losier et John Relyea. Le jury n’a donc pas tenu compte des pépins techniques qui avaient privé des surtitres les spectateurs de ce fascinant opéra en hongrois. Mais l’après-midi fut, effectivement, inoubliable. À Québec, c’est sans surprise le Vaisseau fantôme de François Girard au Festival d’opéra qui a été honoré. Il prendra l’affiche à New York en mars. En région, le titre va à Prince et Tsar, un programme de l’Orchestre symphonique de Drummondville dirigé par Julien Proulx. Rythmopolis, de l’ensemble à percussion Sixtrum, qui n’est distingué ni par le lieu (Montréal) ni dans son genre (musique actuelle), apparaît cependant comme l'« événement musical de l’année ».

Un hommage mérité

Dans les catégories par genres, le « Musica notturna » d’Arion dirigé par Enrico Onofri en musique ancienne, le concert des 30 ans du NEM (musique contemporaine), Cathédrale-Métal de Quasar (musique actuelle, électroacoustique), Galileo (répertoires multiples), le Métropolitain (concerts jeunesse), Hugo Blouin (jazz), Ayrad (musiques du monde) et Les Chauffeurs à pieds (musique traditionnelle québécoise) ont été honorés.

Un hommage marqué a été rendu à Monique Dubé qui fut l’âme de la Société Pro Musica pendant trente ans. Le Conseil québécois de la musique a salué son « dévouement et [son] leadership », notant que « la Société Pro Musica s’est vue renouvelée et professionnalisée ». Au cours de ses dernières années de direction, Monique Dubé a soutenu le développement de la relève musicale d’ici, en créant avec Pierre Rolland, le défunt directeur artistique, la série Topaze et les Mélodînes.

Parmi les autres prix spéciaux, Claire Guimond, qui passe la main à Mathieu Lussier chez Arion, est très justement nommée directrice artistique de l’année, Gentiane MG est découverte de l’année, Le Vivier et la Société de développement culturel de Terrebonne sont distingués en tant que diffuseurs, l’OSM pour son rayonnement et OktoEcho au titre de l’inclusion et de la diversité.

Les prix Opus comprennent aussi des catégories disques qui pâtissent plus notablement du fait que les lauréats sont choisis au sein d’un panel de soumissions (payantes). Si Charles Richard-Hamelin n’est distingué d’aucun prix Opus malgré trois réussites discographiques sans égal cette année (Sonates pour violon et piano de Beethoven, Ballades de Chopin et Concertos de Chopin), c’est parce que ces disques n’étaient pas en lice. ATMA remporte donc trois prix guère plus représentatifs que les autres distinctions du même type au Canada en musique classique, tous soumis à divers arbitraires plus ou moins défendables.