Heavy Is the Head, Stormzy

2020 sera-t-elle enfin l’année où le grime — le rap vernaculaire de la Grande-Bretagne — percera véritablement le marché nord-américain ? Après les louables efforts des dernières années du vétéran Wiley, c’est maintenant le tour de la nouvelle star du genre de forcer la serrure. Heavy Is the Head, second disque du polyvalent Stormzy (qui a sollicité davantage de compositeurs américains), arrondit les angles pointus du style, ces contretemps haletants qui caractérisent le grime anglais, en l’entraînant du côté de la pop (Own It, avec Ed Sheeran et Burna Boy), de l’afrobeat contemporain, du R&B/soul/gospel (One Second avec H.E.R., la belle et étonnante Crown) et du rap à l’américaine. Comprendre : il rend ici le grime plus accessible en ralentissant sa cadence caractéristique, rendant ainsi sa précise prosodie héritée du dancehall jamaïcain plus compréhensible. Du grime certes édulcoré, farci de bonnes idées, mais perdant en intensité. Le concert prévu au Théâtre Corona le 31 mai prochain annonçant déjà complet, parions qu’on lui trouvera une salle plus grande.

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Heavy Is the Head

★★★ 1/2
Grime

Stormzy, Atlantic