III, Ventre de biche

« Mon amour tu sais / la vie est un long fleuve de merde », scandait Ventre de biche, alias Luca Retraite, sur son premier disque, Viens mourir, en 2015 — bonjour les réjouissances. Le ton est donné : le punk à claviers marseillais est le poète pathétique du laid et du médiocre. Sur III, son nihilisme examine la banalité du quotidien, le malaise social, l’enchaînement pourri des années de boulot, la misère intellectuelle. Et l’absurde. « C’est la fête / c’est quand que ça s’arrête ? » (La fête) Toute tentative d’associer une quelconque idée politique à l’ensemble paraît vaine ; il faut simplement se laisser avaler par la déconfiture et la répétition métallique, cheap et psychotronique des machines. La voix se fait acerbe, impérative, monocorde, et en même temps est traversée d’une étrange fragilité. Abandonnons toute espérance, c’est si réconfortant. À prescrire, oui, mais avec parcimonie quand même : dix chansons auraient suffi (plutôt que treize).

III

★★★ 1/2
Synth-punk

Ventre de biche, Teenage Menopause