Un hiver comme une promesse sur la scène métissée

La révélation jamaïcaine Koffee, entendue à Osheaga l’été dernier
Photo: Promised Land Recordings La révélation jamaïcaine Koffee, entendue à Osheaga l’été dernier

L’année qui vient de se terminer a porté une nouvelle génération de musiciens africains et issus de sa diaspora au-devant de la scène pop. Si 2020 en musiques métissées démarre doucement, elle démarre toutefois avec une promesse : cette tendance n’est pas près de s’essouffler. À preuve, pas moins de sept de ces musiciens ont été invités à performer au tout-puissant festival Coachella au mois d’avril.

Parmi ces heureux représentants des musiques héritées d’Afrique, quelques-uns dont on attend impatiemment un album. À commencer par la révélation jamaïcaine Koffee, entendue à Osheaga l’été dernier — aucune date n’a encore été confirmée pour la sortie de son premier disque, annoncé en novembre par l’infectieux single W, un duo enregistré avec le rappeur Gunna. Le Nigérian Seun Kuti et son orchestre Egypt 80 seront aussi de la grande kermesse musicale californienne, parions que cela annonce un nouvel album et sa visite au Québec.

 

D’autres invités ? La sensation franco-malienne Aya Nakamura, authentique star de la pop en Europe, sera à Coachella, tout comme la New-Yorkaise d’origine portoricaine Princess Nokia, le chanteur et rappeur Zambien Sampha the Great et le DJ sud-africain Black Coffee. Chez nous, c’est justement grâce à un festival que ces musiques reviennent en haut de l’affiche : Lux Magna, festival multidisciplinaire se déroulant à Montréal du 22 au 26 janvier, propose quelques soirées au goût d’Afrique, des Antilles et d’Amérique latine, débutant le 22 janvier avec les rythmes de Sarahmée et des membres de Nomadic Massive (à la Sala Rossa).

Le 16 janvier, l’auteur-compositeur-interprète torontois d’origine cubaine Alex Cuba viendra présenter au Petit Campus le répertoire de son plus récent album, Sublime, paru en septembre dernier. La venue de l’acteur, réalisateur, musicien et satiriste iranien Mehran Modiri au théâtre Maisonneuve le 19 janvier prochain revêtira évidemment un caractère particulier en raison des vives tensions entre son pays et le gouvernement Trump.

Le 25, le DJ jamaïcain Foota Hype sera en haut de l’affiche de la soirée Passa Passa The Rebirth au Caribbean Food Factory (5311, De Maisonneuve Ouest). Certes, la saison s’annonce chiche en visites chez nous d’artistes caribéens, mais on comptera quand même sur celles du groupe reggae Morgan Heritage (7 février, L’Astral) et de la grande Judy Mowatt le 9 février au Belmont, boulevard Saint-Laurent.

Le Festival Nuits d’Afrique a une poignée d’événements à son calendrier, à commencer par l’auteur-compositeur-interprète d’origine malienne EMDE (Mamoutou Dembélé), au Balattou le 6 février — son blues du désert lui a permis de remporter le concours Syli d’Or en 2019. Le 15, place au rap métissé de Guinée avec le programme double de Degg J Force 3 et Mohamed Django Camara (au National). La superbe Fatoumata Diawarareviendra au National le 23 février, puis le 29, Samy Ben Redjeb, fondateur du label de rééditions Analog Africa, trimbalera sa fine sélection musicale au Ministère.

À l’affiche en mars, deux concerts parmi les plus attendus de la saison : le bluesman du Sahel Mdou Moctar revient en ville le 17 à la Sala Rossa (en première partie : Avec le soleil sortant de sa bouche), puis Davido, superstar de la nouvelle scène pop dansante du Nigeria, occupera la scène du Théâtre Olympia le 21. À l’approche du printemps, Le Vent du Nord fera équipe avec l’ensemble folk écossais Breabach le temps d’une soirée au théâtre Maisonneuve, le 18 avril. Toujours au Maisonneuve, deux autres groupes de musique traditionnelle écossaise, Talisk et RURA, seront à l’honneur, cette fois le 22 avril.