Les ventes britanniques d’albums propulsées par la diffusion en continu

La British Phonographic Industry a souligné que la musique en continu représente maintenant 74,4% du marché musical britannique, un peu moins qu’aux États-Unis (80%).
Photo: Jewel Samad Agence France-Presse La British Phonographic Industry a souligné que la musique en continu représente maintenant 74,4% du marché musical britannique, un peu moins qu’aux États-Unis (80%).

Quelques jours après que l’industrie du disque américaine eut révélé que la musique en streaming représentait 80 % du marché aux États-Unis, le Royaume-Uni a dévoilé jeudi des chiffres de ventes pour 2019 qui font là aussi la part belle à la diffusion en continu. Celle-ci a connu une hausse de 26 % en un an.

La British Phonographic Industry (BPI) a compilé les données officielles de consommation musicale au Royaume-Uni pour 2019 pour déclarer que l’équivalent de 154 millions d’albums avaient trouvé preneur. Ce chiffre est le plus élevé depuis 2006 (161,4 millions de disques) dans ce coin du monde, et représente une hausse de 7,5 % en comparaison des données de 2018.

La BPI souligne que ces hausses s’expliquent grâce au succès de l’écoute en continu, qui a dépassé pour la première fois les 100 milliards d’écoutes et atteint 114 milliards d’écoutes sur les plateformes comme Apple Music, Deezer, Amazon ou Spotify. Le streaming a donc connu une hausse de 26 % en un an, souligne le BPI.

 
7,5 %
C’est la hausse des ventes de disques estimées observée au Royaume-Uni entre 2018 et 2019. Ces ventes sont calculées selon la notion d’équivalence d’albums, où 1000 morceaux numériques écoutés reviennent à l’achat d’un album physique.

Partout dans le monde, l’industrie procède au calcul des ventes en se basant sur la notion d’équivalence d’albums — en gros, quelque 1000 morceaux écoutés reviennent à l’achat d’un album physique. La BPI a souligné que la musique en continu représente maintenant 74,4 % du marché musical britannique, un peu moins, donc, qu’aux États-Unis. Les chiffres canadiens pour la dernière année devraient être publiés dans les prochains jours mais le rapport de mi-année de la firme Nielsen Canada montrait que ce pourcentage en faveur du streaming était de 79 %.

33 tours et walkman jaune

Si le téléchargement d’albums tend encore à la baisse dans la plupart des pays, c’est le format CD qui périclite devant l’omnipotent streaming. Au Royaume-Uni, le CD a connu en 2019 une chute de 26,5 %, recueillant 15 % du total des ventes.

Quant au format vinyle, la BPI note que les ventes y ont connu une douzième hausse consécutive, cette fois de 4,1 % par rapport à 2018. Un total de 4,3 millions de « longs jeux » a trouvé preneur au Royaume-Uni, ce qui représente un huitième de tous les disques vendus. Au sommet du palmarès britannique, on trouve le disque Why Me ? Why Not de Liam Gallagher, écoulé à quelque 29 000 copies.

Par ailleurs, les propriétaires de walkman — jaune, idéalement — et les conducteurs de vieux bazous semblent avoir eu des envies de musique sur ruban en 2019. Selon l’association britannique, la vente de cassettes aurait augmenté pour une septième année, atteignant 88 404 unités. Mais la BPI souligne que ces ventes brutes restent anecdotiques, représentant 0,1 % du total.

La patronne de l’étiquette Regent Street Records, Vanessa Higgins, aussi membre indépendante du conseil d’administration de la BPI, s’est réjouie par voie de communiqué du succès du streaming, en plus de juger « merveilleuse » la croissance continue des vieux formats physiques comme le vinyle. Selon elle, ces hausses des ventes montrent « que les amateurs aiment encore tenir entre leurs mains un format musical physique, tangible. Personnellement, j’aimerais voir une renaissance des manufacturiers britanniques de ces produits, portée par de nouvelles technologies et appuyée par le gouvernement. »

Quant au directeur général de la BPI et des BRIT Awards, Geoff Taylor, la hausse des ventes au niveau de 2006 est une bonne nouvelle, mais il estime aussi que l’État a un rôle à jouer non seulement pour stimuler les investissements, mais aussi « pour exiger des plateformes numériques qu’elles paient équitablement pour la musique, pour filtrer les contenus illégaux et pour donner à tous les écoliers l’occasion de jouer d’un instrument et de pouvoir découvrir la joie de faire de la musique. »