Retronyms, Carlos Cipa

Toutes les dimensions de Retronyms ne se dévoilent pas d’emblée, ni facilement ni complètement. Quelque chose dans la main de Carlos Cipa laisse sur le corps (oui, le corps) une chair de poule qui tarde à se dissiper et qui devient, à force, une incertitude générale. Ce troisième album du multi-instrumentiste allemand, paru l’été dernier sans qu’on le voie passer, est conséquemment un grand oubli. Cette fois, il n’y a pas que les motifs obsessifs au piano, premier instrument de Carlos Cipa, qui transportent : Retronyms entremêle une grande matière composée d’effets électroniques, de cordes (acharnées sur Awbsmi), d’une guitare électrique (sur la voyageuse Slide) et, surtout, d’une panoplie de cuivres et de vents (écoutez la trompette de Paon). Cette rencontre indocile et inventive entre un héritage classique et une approche contemporaine crée une beauté brute, et forcément un peu étrange tant on passe d’une structure méthodique à une improvisation totale. Mais justement, l’étrange est ce qui achève d’impressionner.

Écoutez And she was

Retronyms

★★★★
Néoclassique

Carlos Cipa, Warner Classics