Soft Landing, Sandro Perri

Pour une expérience de l’intemporalité, essayez Soft Landing, le plus récent album de Sandro Perri, paru en septembre dernier — soit un an après In Another Life, qui s’était fait attendre, lui, sept ans. Cette fois pluriel jusqu’à la moelle, le musicien torontois s’approprie tous les genres avec une mollesse aussi rigoureuse que sa souplesse. Sous les couches de folk, d’electronica, de pop, d’ambient, de soul et de soft rock, où passent parfois les filets de sa gorge fumeuse, Sandro Perri fait entendre comme voix principale une guitare, très intuitive. Sur le plan de l’ambiance, riez : on se situe entre la mer tropicale, le salon-bar, la piste de danse et la fosse d’orchestre. Presque chaque pièce, surtout la longue et jouissive Time (You Got Me), prend la forme d’une onde : il y a progression, parfois improvisation, mais sans pic défini. Seulement l’illusion qu’une métamorphose se produit sans qu’on sache l’heure à l’horloge, ni dans quel pays on a abouti. Oublions les passages plus convenus, l’ensemble réussit son atterrissage.

Soft Landing

★★★ 1/2
Expérimental

Sandro Perri, Constellation