Cecilia Bartoli, «Farinelli»

Le nouvel album de Cecilia Bartoli ne passera pas inaperçu. Il y a peu de chances que Farinelli, le plus célèbre castrat du XVIIIe siècle, auquel elle rend hommage, ait été barbu après sa castration, mais la mezzo joue l’image en négatif. De l’extérieur, cela fait très Conchita Wurst, mais l’important est ce qu’il y a sur le CD. Et là, Cecilia supplante évidemment Conchita ! La star a concocté un programme d’airs de Porpora, Hasse, Caldara, Broschi et Giacomelli. Bartoli retrouve pour l’occasion le pointilleux Giovanni Antonini, dont « La mort de la raison » (Alpha) figurait il y a deux semaines dans nos CD de l’année. Malgré un début très acrobatique, Cecilia Bartoli a la très bonne idée de ne pas enchaîner les numéros d’équilibrisme vocal et de changer les atmosphères avec des airs poétiques. L’investissement dramatique, la présence et puissance de la voix impressionnent, mais la particularité de l’émission avec une couverture des sons variable notamment sur la voyelle « a » est de plus en plus marquée et risque de froisser quelques oreilles.

Voyez l'accroche de l'album

Cecilia Bartoli

★★★★
Classique

« Farinelli », Il Giardino Armonico, Giovanni Antonini, Decca 485 0214