Who, The Who

La sempiternelle méprise. Trop heureux d’être ravis, on proclame : « le meilleur album depuis… » Après, on nomme un album chéri. Pour ce premier disque de nouvelles chansons du vétéran groupe en 13 ans, on a le choix : le meilleur depuis Who’s Next, depuis Quadrophenia, voire depuis Tommy. En fait, ce que « le meilleur » signifie, en moins emphatique, c’est « le plus évocateur ». On écoute Ball and Chain, et quand vient la séquence instrumentale, on se dit : chouette alors, l’esprit de Baba O’Riley ! On entend le bel arrangement orchestral de Hero Ground Zero et on pense : rebonjour Tommy ! Vrai que Pete Townsend peut encore hacher menu les riffs archétypes (ça fesse dans All this Music Must Fade), vrai que Roger Daltrey est en voix, vrai que tout l’album est de très bon niveau. Moi, c’est dans l’édition de luxe que je trouve mon bonheur : Got Nothing to Prove pourrait être une chanson oubliée de 1967. Joie télégraphiée. L’album ne peut que satisfaire : on ne s’en plaint pas. Mais on sait pourquoi.

Écoutez All This Music Must Fade

Who

★★★ 1/2
Rock

The Who, Polydor /Universal