Fragile, Julia Gjertsen

On comprend tout de suite d’où vient le titre, Fragile. Ce premier album proprement dit de la pianiste Julia Gjertsen, qui suit le microalbum Slow Motion Stories (2012) et quelques titres parus dans les dernières années, n’est rien d’autre que l’exploration de la délicatesse — exprimée par la nature autant que par nous, petits êtres fragiles. En trois instruments (piano, synthétiseur et percussions, avec une domination du premier), les huit compositions de Fragile décrivent de grands arcs, de la mer à l’espace, traversant vents et brouillards. Mais plus l’album avance, plus le tissu séduisant des débuts dévoile des fils un peu plus lâches. La prestance de la musicienne est en effet à son sommet dans les motifs répétitifs au piano (superbe The Fountain), dont les battements étouffés rappellent parfois Nils Frahm (Flicken). Là où cette maturité vacille, c’est dans l’assemblage : les airs plus inquiets, plus électriques aussi, cherchent davantage leur trame et leur issue (No Regrets). Mais ce début n’en est pas moins d’une belle éloquence.

Fragile

★★★
Néoclassique

Julia Gjertsen, Moderna Records