TÒÒDANA, Zekuhl

Un musicien consciencieux, que Zekuhl (Atna Njock), vétéran de la scène musicale africaine au Québec, qui lançait la semaine dernière Tòòdana — « Réveillez-vous » en langue bàsàa, l’une des langues bantoues du Cameroun où il a grandi. Il s’agit seulement de son quatrième album en presque trois décennies de carrière, paraissant huit ans après l’excellent Í Bòló. On entend ainsi la longue réflexion, musicale et thématique, qui anime cet album richement orchestré où les nombreuses traditions musicales camerounaises rencontrent le jazz, le reggae et les rythmes afro-latins. Le plaisir de redécouvrir cet univers où le jeu des percussions occupe le premier rang — ce « tambour parlant » qu’on nomme nkuu est de toute beauté entre les mains expertes de Zekuhl — est particulièrement palpable dans la seconde moitié de l’album, dès l’enchaînement des Waa yi bee (une collaboration avec la star du makossa Papa Ben Decca), Jami lini et Di ye masee, mélodieuses et raffinées.

TÒÒDANA

★★★ 1/2
Musiques métissées

Zekuhl, zekuhl.com