Shlon, Omar Souleyman

L’énigmatique barde syrien à moustache et à lunettes noires, charismatique sorcier du son et désormais chouchou des pistes de danse « hipster » a autant, avec ses centaines d’enregistrements, fait émerger en Occident une version modernisée et lourdement « claviérisée » de la dabka traditionnelle (sorte de danse en ligne syrienne) que façonné un son nouveau, entre poésie ancienne et dance-music. Sur ce second opus chez Mad Decent (la maison du DJ Diplo), Shlon, le mystique, toujours à cheval entre le bon goût et le ringard, apparaît plus « professionnel » — en témoigne ce son raffiné plus près de l’acid house ou de l’EDM, presque du hip-hop parfois (Shi Tridin). La voix est plus au-devant. Sa signature électro hyperactive (avec passages de baglama et de flûte) n’en est que plus mystérieuse. Grand mage stoïque, Souleyman chante l’amour et la romance, oui, mais aussi la douleur (Mawwal, touchante), dans sa typique prononciation empoignée. Shlon, c’est le même bon vieux Omar, en version plus consciente et sentie.

Shlon

★★★ 1/2
Dabka électronique

Omar Souleyman, Mad Decent