Hector Berlioz, La damnation de Faust

La discographie de La damnation de Faust est sinistre et sinistrée. Même les « références » sont grevées de défauts : petites coupures dans la partition chez Markevitch, Gedda en forme moyenne chez Colin Davis. Gardiner est le meilleur choix, malgré le chœur à l’accent anglais. John Nelson nous arrive donc comme un messie, puisque le projet a le même cadre (concerts à Strasbourg, solistes identiques) que ses sublimes Troyens, disque de l’année 2017. Au final, il s’agit du 1er choix discographique, même s’il ne s’agit pas du miracle attendu. Premier atout : une vraie direction dramatique, la meilleure avec Markevitch et Gardiner, éloquente sur le chœur (scène de la taverne), habituel parent pauvre, et dans les interventions de Courjal, qui compense un plafonnement dans les aigus par une incarnation parfaite (incantation des follets). Le petit bémol ce sont les deux vedettes : DiDonato et Spyres. Il n’y a sans doute pas mieux au monde et ils sont excellents, mais ils semblent fatigués et on les rêvait encore plus lumineux et parfaits…

Écoutez D'amour l'ardente flamme

Hector Berlioz

★★★★ 1/2
Classique

La damnation de Faust, Erato 2 CD, 0190295417352