L’air frais de Toronto

Mind Bath a quitté Montréal l’été dernier pour aller s’installer à Toronto.
Photo: Mind Bath Mind Bath a quitté Montréal l’été dernier pour aller s’installer à Toronto.

Baby You Can Free Your Mind, le premier album de l’auteur-compositeur-interprète Mind Bath, est apparu plus tôt cette année sans trop faire de bruit. D’abord parce que c’est le sort des artisans de la scène R & B locale que d’évoluer dans l’ombre, peut-être ensuite parce la discrétion est une des qualités de son album délicat, presque chuchoté, aux atmosphères électroniques brumeuses et décharnées qui laissent beaucoup d’espace à la voix douce du chanteur. Tout ça risque de changer bientôt : « J’écris plein de nouvelles chansons et je me sens beaucoup plus bad  ces temps-ci », prévient le musicien, qui profitera de ses deux vitrines à M. pour Montréal pour présenter son matériel inédit.

Le R & B est un genre musical trop peu représenté au Québec. Malheureusement, nous avons perdu au profit de l’Ontario l’un de nos plus brillants ambassadeurs : Mind Bath a quitté Montréal l’été dernier pour aller s’installer à Toronto. « Je n’en ai pas beaucoup parlé, je suis parti en cachette… Mais je me sens chez moi à Montréal, alors ne soyez pas surpris de m’y revoir bientôt », assure-t-il.

« Après la sortie de l’album, je sentais que j’avais besoin de repartir à neuf. J’avais aussi l’impression que mes objectifs avaient changé une fois ce disque sorti — je devais me mettre au défi, dans une ville un peu plus grande » qui a donné naissance à The Weeknd et Rhye, héros du R & B alternatif canadien auquel on pourrait comparer le son de Mind Bath.

Ne le prenons pas trop personnel, c’est de toute façon dans sa nature de ne pas tenir très longtemps en place. Même que les quatre années qu’il a passées chez nous paraissent exceptionnelles de la part de ce musicien originaire « d’un petit village dans les Rockies, en Colombie-Britannique » qui, avant de faire escale au Québec, a résidé à Berlin et à New-York, entre autres capitales fertiles en inspirations musicales.

« Lorsque j’habitais New-York et Berlin, j’étais encore en train d’apprendre à composer et à réaliser ma musique, dit Michael Brock. Mon projet était encore au stade d’incubation, jusqu’à ce que j’arrive à Montréal » pour travailler sur Baby You Can Free Your Mind, ce premier album complet auquel collaborent les chanteuses Forever et Fariha Roisin, ainsi que son amie Ouri, sur la fameuse et rythmée Wild Mother apparue pour la première fois en 2017 dans un EP conjoint d’Ouri et Mind Bath.

Car le R & B de Brock a beaucoup plus d’affinités avec la musique électronique d’avant-garde que le gospel, pour situer l’univers du musicien. C’est donc tout naturellement qu’il s’est rapproché de la scène électro montréalaise pour lui donner des idées musicales : « Je me suis trouvé une famille de musiciens ici, dans cette ville inspirante ».

Il n’y est que depuis deux mois et demi, mais Michael Brock sent déjà la fébrilité de la scène torontoise. « C’est l’effet « new kid on the block », j’imagine : j’ai plein de contrats depuis mon arrivée ». Il n’en parlera pas trop, mais confirme quelques collaborations en plan, des musiques composées pour d’autres, en plus « de la tonne de nouvelles chansons sur lesquelles je travaille ces temps-ci » et qu’il prévoit de lancer dès le début de la nouvelle année.

« J’écoute beaucoup de musiques de club ces temps-ci ; j’ai aussi commencé à me produire en tant que DJ aussi, ça m’apporte beaucoup de plaisir. Ça me donne envie de faire de la musique pour les planchers de danse ».

À l’affiche de M. pour Montréal

Merryn Jeann

22 novembre, 20 h, La Sala Rossa

Fans de Feist, tendez l’oreille aux chansons aigres-douces de l’auteure, compositrice et interprète d’origine australienne et Parisienne d’adoption Merryn Jeann, qui vient présenter le matériel de son premier album paru au printemps dernier.

Corridor

22 novembre, 21 h, Le National

Triomphe annoncé pour le groupe rock montréalais qui a lancé plus tôt cet automne un premier album, intitulé Junior, pour le fameux label américain Sub Pop.

Nomadic Massive

22 novembre, 22 h 15, Théâtre Fairmount

Le collectif rap métissé montréalais n’a pratiquement pas quitté la scène depuis la parution de son excellent album Times l’été dernier. Ce concert de vendredi, en tête d’affiche du Fairmount, risque de virer en party de retour à la maison, en plus d’être l’occasion de souligner son 15e anniversaire.

Atsuko Chiba

23 novembre, 23 h, La Sala Rossa

Le quintette prog-rock expérimental montréalais a lancé son premier album (Trace) en avril dernier, après trois EP de décharges de guitares et de synthés. Son concert apparaît sur une affiche élaborée par le label local Mothland, expert ès psychédélisme rock.

Mind Bath

Mind Bath sera en concert à M. pour Montréal le 21 novembre, minuit, au Café Cléopâtre, et le 22 novembre, 23 h 25, au Café Résonance.