Happy Occident, Slow Meadow

Nourri par l’anxiété qui a fait de nous de petites bêtes affolées, ce nouvel album du projet ambient de Matt Kidd, Slow Meadow, est parfaitement de son temps. Deux ans après la douceur humaniste et mélodieuse de Costero, voici la pré-apocalypse expérimentale de Happy Occident, un titre à prendre évidemment avec ironie. Si un certain bonheur transparaît bien parfois dans le piano mouvant et le paroxysme des cordes, comme sur l’épopée Drifting Phonetics, l’insertion d’éléments électros et d’effets futuristes — comme des voix numériques — témoigne qu’il y a bel et bien mutation (quand ce n’est pas dégradation) de ce que nous sommes. Dans sa lecture polysémique du monde, où le fossé entre organique et synthétique ne pourrait être plus marqué, Happy Occident n’est pas toujours fluide ou subtil. Mais certaines compositions touchent au cœur, comme la métaphorique Artificial Algorithm, la forestière Pareidolia et la triste Helium Life Jacket, qui fait de nous les passagers d’un ballon chaud, enfin distants de ce monde fou.
 

Happy Occident

★★★ 1/2
Ambient

Slow Meadow, Hammock Music