Des violons témoins de l’Histoire

Certains des 70 instruments qui font aujourd’hui partie des Violons de l’Espoir ont nécessité jusqu’à un an et demi de restauration, selon le luthier Amnon Weinstein.
Photo: Les Violons de l’Espoir Certains des 70 instruments qui font aujourd’hui partie des Violons de l’Espoir ont nécessité jusqu’à un an et demi de restauration, selon le luthier Amnon Weinstein.

Ce samedi, le Musée de l’Holocauste Montréal et l’Orchestre Métropolitain s’associent lors d’un concert intitulé Les violons de l’espoir, du nom d’une collection de 70 instruments rescapés de l’Holocauste, restaurés par les luthiers israéliens Amnon et Avshalom Weinstein.

Les Violons de l’Espoir, ayant appartenu à des déportés juifs, ont tous été joués dans des camps de concentration ou d’extermination. Pour Amnon Weinstein, il est important que ces instruments « fassent entendre ce qu’ils ont à dire. Car, de ces violons sort un son très particulier, s’échappent des voix, des pleurs, des rires et des prières. »

Comme le montre un reportage réalisé par Franck Genauzeau pour le journal télévisé de France 2 en octobre 2018, qui a incité la présentation de ce concert montréalais, les musiciens juifs étaient obligés par les geôliers nazis d’accompagner avec le son de leurs violons les condamnés à la chambre à gaz. Cette réalité contraste avec celle du camp dit « modèle » de Theresienstadt, où avaient été enfermés les musiciens, notamment tchèques, tels que le compositeur Hans Krasa, avant d’être finalement déportés et éliminés à Auschwitz-Birkenau.

Le plus beau violon klezmer

Les Violons de l’Espoir sont aujourd’hui une collection de plus de 70 instruments à cordes restaurés par Amnon Weinstein et son fils Avshalom. Ces violons qui appartenaient à des musiciens juifs avant et durant l’Holocauste ont résisté aux camps et à l’usure du temps. Certains ont requis jusqu’à un an et demi de restauration, comme le racontait Amnon Weinstein à la télévision française.

Huit des violons de cette collection seront à Montréal pour le concert de samedi. Cette soirée vise à rendre hommage aux victimes de l’Holocauste à l’occasion du 75e anniversaire de la libération des Pays-Bas par les Forces armées canadiennes. Entre le 2 octobre et le 8 novembre 1944, la 1re Armée canadienne combattit les forces nazies installées sur les berges de la rivière Escaut et libéra le port d’Anvers. L’accès à ce port était essentiel pour le ravitaillement des Alliés et faciliter leur avancée dans les opérations de libération de l’Europe.

Parmi les instruments qui feront le voyage, le violon désigné sous le nom JVH 21 est qualifié par le luthier Weinstein de « plus beau violon klezmer de tous les temps ». Son étoile de David en nacre semble attester qu’il a appartenu à un musicien riche. Mais son origine reste inconnue.

Le concert de samedi dirigé par le chef néerlandais Vincent de Kort aura pour solistes la soprano Sharon Azrieli, le ténor Gideon Zelermyer, le violoniste Kinneret Sieradzki et le violoncelliste Yegor Dyachkov. On y entendra notamment Exaudi de Jocelyn Morlock, l’air de la 3e Suite de Bach, le 1er mouvement du 2e Concerto pour violon de Mendelssohn, l’Adagietto de la 5e Symphonie de Mahler, une symphonie de chambre de Jaap Nico Hamburger inspirée de journaux intimes d’adolescents assassinés pendant la guerre et des chants liturgiques en l’honneur des victimes de la guerre.

Les Violons de l’Espoir

Samedi le 2 novembre 2019 à 19 h 30 à la Maison symphonique de Montréal.