Ravel-Stravinski, Beatrice Rana (piano)

Beau à pleurer ! Après la version du génial pianiste anglais Terence Judd, qui se jeta d’une falaise à l’âge de 22 ans en 1979, nous ne pensions plus avoir pareille émotion dans Oiseaux tristes de Maurice Ravel. Et voilà celle dont, en 2011, à l’âge de 18 ans, avant même qu’elle ne remporte le Concours musical international de Montréal, nous écrivions : « Une personnalité, il y en a une, depuis les premiers accords de son quart de finale : Beatrice Rana, sorte de déclinaison humaine et pianistique de l’Etna et du Vésuve réunis. » Moins de dix ans plus tard, Beatrice Rana est une incontournable reine du clavier et après des Variations Goldberg éminentes, elle nous livre des Miroirs de Ravel de référence, dont les univers sonores dans Alborada del gracioso rappellent ce qu’en faisait le géant Sergiu Celibidache à l’orchestre. La pianiste ose le délire virtuose de la transcription Agosti de L’oiseau de feu de Stravinski avant un Petrouchka tout en résonances, opposé à celui, récent, de Matsuev en concert. La Valse de Ravel clôt un CD magique.


Écoutez L'Oiseau de feu de Stravinsky interprété par Beatrice Rana

Ravel-Stravinski

★★★★★
Classique

Beatrice Rana (piano), Warner, 9029541109