Âme fifties, Alain Souchon

Âme fifties : premier album de matériel neuf d’Alain Souchon en onze ans. Événement, pardi ! Dommage que le titre soit si repoussoir. Jargon rétro. On dirait Rockcollection, solution de facilité à la Voulzy. Il n’aurait jamais dit fifties, le « Gabin bougon » de Touchez pas au grisbi, nommé dans la chanson-titre. Âme ado, tiens, ça aurait mieux collé à ces évocations justes et juteuses des années cinquante. On s’aimait, voilà un titre qui dit tout sans dire love : « On s’envoyait à travers la figure / Des verres d’eau, des mots, des épluchures / On s’aimait ». Ouvert la nuit, ça, c’est du panneau réclame digne du grand ébouriffé chéri. Autre exemple ? « Regarder les photos le soir / Nos voyages en Angleterre / Me met un p’tit cafard capillaire », serine le prince du vague à l’âme dans la joliment chaloupée On s’ramène les cheveux. Que les musiques soient de lui, du fiston Pierre ou du pote Laurent, c’est le verbe d’Alain qui berce, caresse, console. Un sans-faute, ce florilège. À un mot près.

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Âme fifties

★★★ 1/2
Chanson

Alain Souchon, Warner