Les Louanges fait une entrée remarquée à l’ADISQ

Les Louanges (Vincent Roberge) recevant un de ses trois prix Félix au Premier gala de l’ADISQ, animé par Pierre Lapointe
Photo: Jean-François LeBlanc Les Louanges (Vincent Roberge) recevant un de ses trois prix Félix au Premier gala de l’ADISQ, animé par Pierre Lapointe

Les Louanges se présentera dimanche au gala « officiel » de l’ADISQ en tête de peloton. Après la tenue du Gala de l’industrie et du Premier Gala de l’ADISQ, mercredi, au Club Soda et au MTelus respectivement, l’auteur-compositeur-interprète Vincent Roberge a remporté les trois premiers prix Félix de sa carrière grâce à l’album La nuit est une panthère.

Parmi la douzaine d’artistes récompensés lors du gala télévisé par Télé-Québec, le pianiste Charles Richard-Hamelin s’est également distingué avec deux récompenses dans les catégories de musique classique, et La Renarde, hommage à Pauline Julien, a dominé les catégories d’interprétation.

Fort de neuf mises en nomination avant le début des courses, Roberge s’affichait déjà comme le candidat à surveiller lors de la 41e édition du gala de l’ADISQ, lui qui accumule depuis l’automne dernier les distinctions (Album francophone de l’année 2018 des critiques du Devoir, prix Félix-Leclerc, prix de l’Espoir du Festival d’été de Québec, prix Rapsat-Lelièvre).

Paru en septembre 2018, son premier album lui a valu hier soir les Félix de l’Album de l’année – Alternatif (une catégorie compétitive, avec les excellents albums de Salomé Leclerc et Choses Sauvages), de l’Album de l’année – Choix de la critique, puis celui, remis en après-midi au Gala de l’industrie, pour Arrangements de l’année, un prix partagé avec son collègue Félix Petit. Les Louanges prétend toujours aux Félix de Révélation de l’année, Chanson de l’année (pour Pitou) et Auteur-compositeur de l’année, qui seront décernés dimanche.

Parmi les victoires les plus lumineuses de cette première soirée de gala, saluons celles de l’auteure-compositrice-interprète Elisapie (Album de l’année – Autres langues pour The Ballad of the Runaway Girl), de Dominique Fils-Aimé (Album de l’année – Jazz pour Stay Tuned !), de Milk & Bone (Spectacle de l’année – Anglophone), de Wesli (Album de l’année – Musiques du monde pour Rapadou Kreyol), et de Jesse Mac Cormack (Album de l’année – Anglophone pour Now).

Plusieurs premières récompenses parmi ces derniers, auxquels il faut ajouter un Millimétrik (Pascal Asselin) ému, remportant son premier Félix en neuf albums et seize ans de carrière, dans la catégorie Album de l’année – Électronique. D’autres en ont profité pour garnir leur collection de statuettes dorées, tels Éric Lapointe (Album de l’année – Rock pour Délivrance), Paul Daraîche (Album de l’année – Country pour Ma maison favorite), Le Vent du Nord et de Temps Antan (Album de l’année – Traditionnel pour Notre album solo), Hubert Lenoir (Artiste québécois ayant le plus rayonné hors Québec) et l’impérissable Ginette Reno (Meilleur vendeur pour À jamais).

Belle surprise

La plus belle surprise de la soirée revient à l’équipe du spectacle-hommage à Pauline Julien intitulé La Renarde, présenté aux Francos de Montréal. La version scénique a reçu le Félix Spectacle de l’année – Interprète, tandis que la version studio, La Renarde, sur les traces de Pauline Julien, fut récompensée du Félix de l’Album de l’année – Réinterprétation. La metteure en scène et instigatrice du projet Ines Talbi a de plus offert les plus touchants et pertinents remerciements de la soirée, évoquant notamment sa « différence » — elle comme sa sœur Queen K ont des racines tunisiennes — et son attachement au Québec, un discours porteur en cette fin de période électorale marquée par le débat sur la loi 21.

Le pianiste montréalais Charles Richard-Hamelin a aussi fait belle figure dans ce gala autrement consacré aux musiques populaires (et, dans une moindre mesure, à l’humour) en étant associé aux deux prix en musique classique, les Félix Album de l’année –Orchestre et grand ensemble (Chopin : Corcertos nos 1 et 2, avec l’Orchestre symphonique de Montréal, sous la direction de Kent Nagano) et Album de l’année –Soliste et petit ensemble (Beethoven : Sonates pour violon et piano, avec Andrew Wan), deux enregistrements édités chez Analekta. La compositrice et pianiste Alexandra Stréliski remportait aussi mercredi soir le Félix de l’Album de l’année – Instrumental pour INSCAPE, paru chez Secret City Records.

L’animateur Pierre Lapointe a solidement tenu la barre de ce Premier Gala de l’ADISQ, en plus d’avoir offert un numéro d’ouverture croustillant, accompagné par le légendaire groupe prog-metal Voivod (qui souligne ce mois-ci le 30e anniversaire de la parution de son classique Nothingface). Côté prestations, Dominique Fils-Aimé a interprété un extrait de son album victorieux, Lou-Adrianne Cassidy a survolé sa tendre Ça va ça va et Safia Nolin, en nomination dans la catégorie Album de l’année – Folk, a fait forte impression avec une version presque grunge de Les dagues, qu’elle a chantée cagoulée en noir, empruntant à la fois à Sia et aux Pussy Riot. En fin de soirée, Alaclair Ensemble (Félix du Vidéo de l’année) a pris la scène d’assaut pour balancer La famille, ponctuée par un freestyle inédit et succulent de KenLo apostrophant certains artistes présents au MTelus.

Enfin, avec ses deux Félix remportés durant le Gala de l’industrie, le rappeur Koriass lançait aussi sa semaine de l’ADISQ avec panache, lui qui comptait sept nominations. À lui (ou plutôt, à ses collaborateurs) les trophées pour la Pochette d’album de l’année (Samuel Murdock, Gabriel Pelletier, Félix Renaud) ainsi que celui de la Prise de son et mixage de l’année (Olivier Robitaille) pour l’album La nuit des longs couteaux. Lui, comme plusieurs des nommés mercredi, auront à nouveau l’occasion de se faire valoir lors du gala diffusé dimanche à ICI Radio-Canada Télé, animé pour une 14e fois par Louis-José Houde.