Le soleil, Schade

Alerte à la trouvaille dans la botte de foin du Web (ne vit-on pas à une époque magnifique ?). De l’ère des « jeunes gens môdernes » — pour reprendre l’expression consacrée par la presse musicale française en quête du buzz du moment de la fin des années punk —, il reste quelques relents, comme l’ont montré dans les années récentes La Femme ou, dans une moindre mesure, Flavien Berger. Être cool pour être cool, parfois c’est gênant, mais parfois c’est une « coolitude » tellement assumée au second degré qu’il est quasi impossible de ne pas s’incliner devant l’audace (voir les membres de Paupière). Tentative de ressusciter une cold wave à synthés distante et élémentaire, dont les motifs en répétitions simplistes causent une hypnose éveillée, Le soleil est le premier album des Suisses de Schade. Une poésie crue (« laisse-moi être ton cactus / celui qui te pique toutes les nuits ») et des mélodies faciles jouées sur des claviers bon marché, parfois c’est tout ce qu’il faut. Et « bon appétit, mon abruti » !

Le soleil

★★★ 1/2
Cold wave

Schade, Cheptel Records