Like the River Loves the Sea, Joan Shelley

Fuyez, fermez les yeux et ne les rouvrez pas avant 39 minutes. Ce sixième album de Joan Shelley, musicienne folk américaine d’une grande délicatesse, entrera ainsi dans vos os de la bonne manière. Enregistré à Reykjavik, Like the River Loves the Sea tombe à point : intime, luminescent, superbement calibré, il se veut un espace de répit dans une époque bruyante et décousue. Mais il n’est pas question d’abandon ; Joan Shelley se replie dans la force et la douceur pour étudier les mouvements subtils des âmes, des corps et de leurs lieux. Son folk acoustique fabriqué aux guitares, parfois effleuré par des percussions, sent la terre, les effluves de peau, l’air des grands espaces laissés en jachère. « Take me to the bed / Shake me to my knees / Where I can find a piece of you / And you can have a piece of me », ordonne sa voix tendre et chatoyante sur Tell Me Something, relevée avec poigne par les cordes de deux musiciennes islandaises. Métaphoriquement, cet album incarne le Kentucky, d’où vient Joan Shelley — mais ses racines, elles, sont universelles.

Like the River Loves the Sea

★★★ 1/2
Folk

Joan Shelley, No Quarter