Richard Strauss, Riccardo Chailly

Voici l’un des événements musicaux de la rentrée et l’un des disques de l’année. Au prestigieux Festival de Lucerne, Riccardo Chailly a pris la suite de Claudio Abbado. En 2017, il dirigeait cet orchestre composé de musiciens vedettes de divers orchestres internationaux et d’ensembles de chambre dans un copieux programme Richard Strauss. Et cela fait très longtemps que l’on n’a pas eu un disque Strauss de cet acabit. Seul Manfred Honeck à Pittsburgh peut soutenir la comparaison pour ce qui est de l’opulence et de l’intelligence dramatique, notamment quand, dans Des joies et passions de Zarathoustra (plage 4), Chailly garde de l’énergie en réserve pour emballer le mouvement. Mort et transfiguration, qui aurait dû finir le programme, repose sur une pâte orchestrale et une fièvre inédite depuis la disparition de Karajan il y a trois décennies, et Till l’espiègle fait feu de tout bois (au sens propre). Ce monument de magie orchestrale aboutit à un disque de 85 minutes (!) par l’adjonction de la Danse des sept voiles de l’opéra Salomé.

Écoutez Op. 26 de Richard Strauss par Riccardo Chailly​

Richard Strauss

★★★★★
Classique

Riccardo Chailly. Decca 483 3080.