Le pot-pourri du blues

Stephen Barry et sa bande constituent le secret le mieux gardé à la grandeur du Canada car ils n’ont pas leur pareil pour ramener le blues et tout ce que le mot Americana recouvre à leur plus simple expression: la vérité.
Photo: Mary Elam Stephen Barry et sa bande constituent le secret le mieux gardé à la grandeur du Canada car ils n’ont pas leur pareil pour ramener le blues et tout ce que le mot Americana recouvre à leur plus simple expression: la vérité.

C’est la semaine du pot-pourri, du résumé dans les grandes largeurs. De quel côté, quel front ? Le blues. Cela faisait une paye, voire au moins dix, que l’on ne vous avait pas communiqué et non rapporté, quel vilain mot, des nouvelles du genre. Aujourd’hui, il sera donc question de Billy Branch, de Ronnie Earl, mais d’abord et avant tout de Stephen Barry.

De ce dernier et de sa bande, soit Andrew Cowan aux guitares, Gordie Adamson à la batterie, Jody Golick au saxophone et Martin Boodman à l’harmonica, on ne répétera jamais assez qu’ils sont le secret le mieux gardé à la grandeur du Canada. Barry et ses complices n’ont pas leur pareil pour ramener le blues et tout ce que le mot Americana recouvre à leur plus simple expression, donc à la vérité.

Aujourd’hui, Barry est l’acteur principal de deux histoires. En fait, on doit ajouter ou préciser que le mystérieux guitariste Jorn Reissner est également l’un des acteurs des histoires suivantes : une réédition et deux enregistrements assez récents. La réédition ? Il s’agit ni plus ni moins que du premier album du Stephen Barry Blues Band enregistré il y a quarante ans à l’hôtel Iroquois dans le Vieux-Montréal. Introuvable pendant des décennies, ce live s’avère le premier album de blues, et non blues-rock, réalisé au Québec.

Le constat ? Il n’a pas pris une ride. Alors formée de Barry, Reissner, Cowan, Paul Paquette à la batterie et Ken Pearson au piano et à l’orgue, cette assemblée de camarades qui s’étaient rencontrés à McGill au milieu des années 1960 livre un album enlevant de bout en bout. Dynamique en diable. Les disques récents ? Ils s’intitulent Portrait in Blue et Fallen Star.

Ces derniers sont constitués d’une trentaine de chansons au total, toutes composées par Reissner au fil des ans. Drôle de bonhomme que ce cher Reissner. Allemand d’origine ayant débarqué à Montréal dans les années 1960 pour faire ses études à McGill, il s’est pris d’une affection durable pour la musique en général et la guitare en particulier après que Kate McGarrigle lui eut enseigné la grammaire de l’instrument. Il accompagnera d’ailleurs celle-ci et sa soeur en tournée.

C’est d’ailleurs avec des musiciens ayant joué auprès des McGarrigle, plus évidemment Barry et ses complices habituels, que ces productions ont été réalisées. Pour faire court, vraiment court, disons que ces disques forment un éventail très convaincant de ce qu’on nomme les « roots » ou Americana. Bref, c’est blues, country, folk, etc. Le hic ? Pour se les procurer, il faut passer par le site CDBaby.

Maintenant, si on souhaite entendre un blues plus policé, un blues qui tend vers le jazz, alors le tout nouveau Ronnie Earl & The Broadcasters devrait vous satisfaire. Intitulé Beyond the Blue Door,publié par l’étiquette albertaine Stony Plain, ce disque est une autre mise en relief de ce jeu très particulier qu’Earl déploie lorsqu’il y a lieu d’injecter de la finesse ici et là. À l’évidence, ce musicien de Boston oscille plus que jamais entre le grand jazzman Kenny Burrell et B.B. King.

Maintenant (bis), si on veut entendre le son de Chicago, le son classique, le son sans fioritures, alors le dernier de l’harmoniciste et chanteur Billy Branch vous comblera. Lui et son groupe de vétérans The Sons of Blues proposent depuis peu Roots and Branches. Le programme ? Les chansons du grand Little Walter, autre harmoniciste qui fut d’ailleurs au centre du programme de Blues & Lonesome, le dernier enregistrement studio des Rolling Stones. Bref, ce disque publié par Alligator, c’est du lourd !

Portrait in Blue et Fallen Star / Beyond the Blue Door //  Roots and Branches

J. Reissner avec Gordon Adamson, Stephen Barry, Martin Boodman, Jody Golick, Jane McGarrigle, Peter Mika, Ken Pearson, Peter Weldon, Joel Zifkin, Greg Smith, indépendant /  Ronnie Earl & The Broadcasters, Stony Plain // Billy Branch et The Sons of Blues, Alligator