Then I Try Some More, Joanna Sternberg

Sa tristesse, son cœur qui bée, sa voix incertaine et tremblotante, ses mélodies de fond de salon nous rendent Joanna Sternberg immédiatement sympathique. À quoi bon, il ne me reste plus qu’à chanter, comprend-on. Et la flèche de viser juste : sur ce premier album, l’artiste et bédéiste de New York — qui n’aime aucun genre et s’identifie avec « eux » (they en anglais) — réussit un lamento poignant, qui n’en paraît pas un tant il est simple et candide. Mais il faut le dire tout de suite, ce n’est pas exactement doux : d’un style direct et linéaire, avec un piano ou une guitare seulement, Joanna Sternberg laisse tomber sur nous des mots francs sur la quête identitaire, la dépression, l’extrême solitude. Sa force : le paradoxe entre sa déprime explicite et le ton faussement enjoué parfois donné à ses airs ou à ses métaphores, comme celle de Pimba, où l’artiste devient… un petit pingouin esseulé. Difficile de ne pas voir, dans ces fantaisies, un masque pour les délabrements intérieurs. Une chose est certaine : avec Joanna, vous ne serez jamais seul.

 

Then I Try Some More

★★★ 1/2
Folk

Joanna Sternberg, Team Love Records