C’est Glauque et c’est frais

Normal que vous n’ayez jamais entendu parler de Glauque, le groupe de Belgique n’a pas encore lancé d’album. Il n’a, en fait, que deux chansons officielles : «Robot» et «Plane».
Photo: Marie Périlleux Normal que vous n’ayez jamais entendu parler de Glauque, le groupe de Belgique n’a pas encore lancé d’album. Il n’a, en fait, que deux chansons officielles : «Robot» et «Plane».

Glauque ? Tu parles d’un nom de groupe. C’est un groupe belge, alors forcément, il doit y avoir un second degré… Une pointe d’autodérision, au moins, dans ce nom ? Parce que dans le son, reconnaissons-le, y’a de la détresse. C’est dense et sombre et parfois colérique, quoique Baptiste Lo Manto nous assure que le groupe a une autre facette musicale, plus douce, qu’il nous restera à découvrir samedi au Festival de musique émergente d’Abitibi-Témiscamingue. « Souvent, le public nous dit : “C’est marrant parce que vos deux chansons ne résument pas la musique du groupe.” », assure Lo Manto.

Normal que vous n’ayez jamais entendu parler de Glauque ; le groupe n’a pas encore lancé d’album. Il n’a, en fait, que deux chansons officielles : Robot, lancée avec son clip en décembre dernier, et Plane, celle-là parue l’été dernier. Deux petites promesses des choses à venir, deux compositions tendues et sombres comparables aux chansons de Fauve ou Odezenne sur lesquelles post-rock, électro et rap entrent en collision. C’est peu, c’est bon, c’est dire aussi combien le FME a flairé la bonne affaire avant presque tout le monde en les invitant à Rouyn-Noranda. Au rayon découverte, c’est fraîcheur garantie.

Baptiste enchaîne : « En concert, on veut certes faire danser les gens, mais on a des chansons plus contemplatives, aussi, parce que y’a beaucoup de texte, beaucoup d’histoires », poussées par les deux rappeurs (Aaron Godfroid et Louis Lemage), accompagnés de trois instrumentistes, Baptiste, Aadriejan Montens et Lucas Lemage. « Lorsque le public nous découvre, il se prend beaucoup d’info par la tronche, pour parler vulgairement », des rimes et des rimes soutenues par des grooves tantôt plus rock, tantôt plus électroniques, « un mélange de plusieurs univers différents, de cinq musiciens aux influences musicales diverses », précise Baptiste, qui a rencontré ses collègues et amis musiciens pendant ses études musicales à Namur.

Tournée européenne

Deux chansons, c’est peu, mais ce fut suffisant pour mener les cinq musiciens en tournée européenne tout l’été : « On a tourné comme on n’avait jamais tourné auparavant avec nos autres projets », avoue son collègue Aadriejan Montens. Sans doute avec l’aide des Inrockuptibles qui, après avoir entendu Plane, a promptement déclaré : « Glauque est le groupe que le monde entier attendait. » Rien que ça ! Au bout du fil, Aadriejan et Baptiste éclatent de rire : « Ça nous fait quand même toujours un peu sourire, ce titre. Je veux dire, ça fait plaisir, mais ça fait aussi sourire, quoi. »

Ainsi, les musiciens avouent être beaucoup sollicités par les maisons de disques depuis le début de l’été, merci encore aux Inrocks. Pourtant, « on ne veut pas sortir, disons, un EP rapidement, on veut plutôt prendre notre temps pour faire album complet qui soit représentatif de ce qu’on est vraiment ». Un album est donc en plan pour 2020, que le public du FME entendra sur scène en primeur.

Mais alors, ce nom, Glauque… « On a choisi ce nom plus pour le double sens. Tous les groupes savent bien que choisir un nom, c’est compliqué, parce qu’on le trouve au début de l’aventure, dans le sens qu’on avait plus ou moins d’idée de ce que ça allait donner. En tout cas, on savait bien qu’on allait faire de la musique comme ça. Puis, on aimait bien le double sens, puisque glauque est une couleur, celle de la fleur d’eucalyptus, disons, et on trouvait que c’est une couleur assez poétique, voire un peu plus douce, puis y’a ce mot, “glauque”, que tous connaissent et qu’on utilise dans ces circonstances pas spécialement agréables… On aime bien le contraste, comme dans nos textes et notre son. »


FME international!

Ce sera toutes couleurs unies lors de cette 17e édition du Festival de musique émergente d’Abitibi-Témiscamingue, qui accueille une délégation internationale plus imposante que jamais. De France, la révélation soul-pop Adam Naas (1er septembre, Le Paramount), Jeanne Added (jeudi soir, scène extérieure) et le groupe rock Last Train (1er septembre, Cabaret de la dernière chance) ; de la Suisse, une rappeuse, slameuse et actrice nommée KT Gorique (30 août, scène extérieure), le groupe chanson psyché-rock Le Roi Angus (jeudi soir à l’Agora des Arts, en première partie des Soeurs Boulay) et les vétérans du rock industriel The Young Gods (jeudi soir, Petit Théâtre du Vieux-Noranda).

Les Amériques seront aussi de la fête avec d’abord le retour des rockeurs dégourdis de… And You Will Know Us by the Trail of Dead (31 août, Petit Théâtre du Vieux-Noranda) et des jeunes surf rockeurs new-yorkais de The Televisionaries (30 et 31 août, Diable Rond). D’encore plus loin : LA Julia Smith, trio rock du Chili (30 août, Agora des Arts) et Sessa, l’auteur-compositeur-interprète tropicalia brésilien (30 et 31 août, L’Abstracto et place de la Citoyenneté).

Enfin, une curiosité : The 5.6.7.8’s, trio garage féminin japonais, célèbre pour son apparition dans l’épique scène de combat au restaurant House of Blue Leaves (de son vrai nom le Gonpachi de Tokyo) dans Kill Bill vol. 1 de Quantin Tarantino, se produira sur la scène du Diable Rond les 30 et 31 août.