Simone Lamsma, convaincante remplaçante au Festival de Lanaudière

La violoniste néerlandaise Simone Lamsma est venue remplacer Veronika Eberle pour sauver le concert.
Photo: Otto van der Toorn La violoniste néerlandaise Simone Lamsma est venue remplacer Veronika Eberle pour sauver le concert.

Le concert de vendredi à l’Amphithéâtre Fernand-Lindsay nous valait la première visite de la violoniste néerlandaise Simone Lamsma, en remplacement de Veronika Eberle. Un gros défi, car Eberle est, de toutes les violonistes invitées à plusieurs reprises par Kent Nagano, la plus intéressante. Un concert avec la Deutsche Kammerphilharmonie en 2018 attestait que son Brahms est quasiment aussi exceptionnel que celui de son compatriote Christian Tetzlaff.

Simone Lamsma est une instrumentiste raffinée et très juste dans son intonation, ce qui, dans un concerto comme celui de Brahms, est fort rassurant. Deux principales caractéristiques. L’une est sonore, avec une chanterelle (la corde aigüe) rayonnante, mais, à l’opposé, une corde de sol sans grand caractère, ni assise. Lamsma utilise son assurance dans les aigus pour distiller nombre de fines nuances pianissimo qui rendent son interprétration un peu précieuse par moments. Mais la chose est élégante, avec beaucoup de tenue et de précision, même si ce n’est pas notre tasse de thé. Excellent accompagnement de l’orchestre et de son chef, tous attentifs à donner le meilleur accueil musical à cette hôte inattendue qui sauvait le concert.

Un Dvořák prudent, puis débridé

En première partie, après un tour de chauffe avec trois Danses hongroises de Brahms (dont une très prosaïque 6e et une plus assise 5e), Kent Nagano et l’OSM révélaient à beaucoup la 5e Symphonie, op. 76 de Dvořák. L’interprétation se réchauffait et se dynamisait au fur et à mesure de l’avancée de l’oeuvre. On remerciera le chef d’avoir suivi l’indication de Dvořák demandant d’enchainer rapidement les 2e et 3e mouvements « après une courte pause » et on le félicitera pour le trio de ce 3e volet et le mordant du Finale.

L’exécution débutait cependant avec un excès de prudence, n’osait pas pousser les nuances et n’explorait pas l’ambitus des soufflets dynamiques. Cette timidité excessive a, hélas, touché l’ensemble du 1er mouvement.

Mais le plaisir d’entendre « autre chose » valait bien quelques petits désagréments.

Voyage en Bohème

Brahms : Danses hongroises nos 5, 6 et 7. Concerto pour violon. Dvorak : Symphonie no 5. Simone Lamsma (violon), Orchestre symphonique de Montréal, Kent Nagano. Amphithéâtre Fernand-Lindsay, vendredi 2 août 2019.