Emily Alone, Florist

Si l’introspection était déjà un vêtement naturel pour Emily Sprague, elle atteint cette fois une profondeur et une lucidité dignes de frissons. Composé et enregistré dans la plus grande solitude, Emily Alone est l’album du retranchement exutoire pour la musicienne américaine, qui s’est momentanément isolée des autres membres de Florist pour réfléchir au grand tout, à la circulation des flux dans la nature, au trajet individuel dans la succession inévitable de noirceurs et de lumières. Sobre, construit à la guitare sur une trame simple légèrement assourdie, Emily Alone fait entendre une voix comme un souffle, puissante tant écrite que chantée, notamment dans les passages en spoken word. Aussi noire soit-elle parfois, la réflexion est aussi une quête métaphysique de réconfort — imaginez une longue expiration déroulée jusqu’à des mers calmes (Ocean Arms). Emily Sprague est indéniablement une chamane, capable de saisir la vie dans ses instants les plus subtils, qui sont aussi parfois les plus marquants. Ceci est admirable et bouleversant.
 

 

Emily Alone

★★★★ 1/2
Folk

Florist, Double Double Whammy