Paraître ou pas être, Maxime Le Forestier

Supposons un triangle isocèle. Sur la pointe d’en haut, tabouret en équilibre, Brassens gratterait tranquillos. Aux deux autres angles, comme des appuie-livres, il y aurait James Taylor et Michel Rivard. À l’intérieur du triangle flotterait Maxime Le Forestier, souriant, mais pas trop, le regard affectueux, mais un peu triste aussi. Ses mélodies, son picking et ses mots résonneraient dans l’espace ainsi défini : la place de l’artisan qui siffle en peaufinant son bel ouvrage. Du travail assez léger pour tenir en l’air, mais pesant néanmoins son poids : ici, le résumé d’une vie (Date limite); là, le sort de la Terre (Ça déborde), le présent à chérir (Dernier soleil), le « babil des hommes » (Les ronds dans l’eau). Un peu toujours les mêmes thèmes et motifs dans le triangle, mais le lieu est si habité, les vérités, si bonnes à dire, la guitare du fiston Arthur, si rassurante quand elle se mêle à la guitare du paternel, qu’on se dit : heureusement qu’on l’a encore, Maxime.

 

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Paraître ou ne pas être

★★★ 1/2
Chanson

Maxime Le Forestier, Polydor / Universal