Cinq concerts à ne pas manquer à Osheaga selon Les Louanges

Vincent Roberge, mieux connu sous le nom de Les Louanges, participera pour la première fois à Osheaga, en tant qu’artiste invité.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Vincent Roberge, mieux connu sous le nom de Les Louanges, participera pour la première fois à Osheaga, en tant qu’artiste invité.

Ce sera la première participation de Vincent Roberge, alias Les Louanges, au festival Osheaga. En tant qu’artiste invité — le samedi 3 août, à 17 h 15, sur la scène des Arbres — et en tant que spectateur. « Ces dernières années, j’étais pauvre comme Job, donc je n’avais pas les moyens de me payer un billet pour le festival. » Ce week-end, il compte bien en profiter : nous lui avons demandé de dresser la liste des cinq concerts qu’il ne voudra pas manquer… avec quelques mentions spéciales de sa part.

Hasard du calendrier, Roberge n’a pas de concert de prévu ni la veille de sa scène à Osheaga ni le lendemain, lui donnant la chance de vadrouiller entre les six scènes érigées au parc Jean-Drapeau. Quelque chose comme une fin de semaine de congé pour le musicien qui, depuis la sortie de son premier album La nuit est une panthère (Bonsound), enfile les concerts et collectionne les honneurs : Album francophone de l’année 2018 des critiques du Devoir, prix Félix-Leclerc récolté aux Francos, prix de l’Espoir décerné par le Festival d’été de Québec, prix Rapsat-Lelièvre remis conjointement par le Coup de coeur francophone et les Francofolies de Spa, d’où il rentrait d’ailleurs tout juste au moment de notre rendez-vous.

Osheaga, ça fait quand même big, dans la lignée des festivals internationaux

Sans compter les quelques bourses remportées ces derniers mois, une participation au South by South West d’Austin, au Texas, et cette récente nomination pour le prix Polaris. « Faut qu’on m’aide à me souvenir de tout ça, j’en perds le fil », rigole l’auteur-compositeur-interprète qui prépare la sortie d’un EP le 27 septembre prochain intitulé Expansion Pack, expression empruntée à l’univers des jeux vidéo et que l’on doit interpréter comme une collection de chansons inédites dans la continuité de son excellent album.

Photo: Valérian Mazataud Le Devoir

« Osheaga, ça fait quand même big, dans la lignée des festivals internationaux, et avec l’affiche de gros noms et tout. Y’a peut-être même pour moi un petit côté exotique à l’événement parce que je n’ai pas grandi ici, à Montréal, donc je ne le connais pas tant que ça, ce festival. » Roberge se familiarisera rapidement avec l’événement, qu’il suivra avec sa liste d’artistes à ne pas manquer :

Denzel Curry, vendredi 2 août, 15 h 50, scène de la Rivière

« Y’a quand même quelques grosses pointures du rap que j’ai envie de voir, mais le premier, c’est Denzel Curry », jeune rappeur originaire de Floride, étoile montante du trap. « Je n’ai pas encore écouté son nouveau disque, Zuu, j’ai juste pogné sa dernière chanson [Ricky, il en chante un bout] :“My daddy said, ‘Trust no man but your brothers / And never leave your day ones in the gutter’ / My daddy said, ‘Treat young girls like your mother’ / My mama said, ‘Trust no ho, use a rubber’” ». Roberge éclate de rire : « Hé, c’est des belles valeurs familiales, ça ! » En concert peu avant Les Louanges, « Young Thug, je pense que ça va être bien aussi, mais j’ai surtout hâte d’entendre l’album qu’il va lancer avec J.Cole. Ceux deux-là ensemble, ça va être bon en show. »

FKJ, samedi 3 août, 18 h 15, scène de l’Île

« Ça m’intrigue de voir ce que ça donne, FKJ », ou French Kiwi Juice, musicien électronique-pop-R & B français, né Vincent Fenton, qui n’a qu’un album à son actif, paru il y a deux ans. « Je me demande à quel point ça peut lever son show, lui tout seul sur scène entouré de ses machines. J’aimerais voir ça live — j’ai vu souvent des sessions live [en studio] de lui, je veux le voir en vrai, devant public. Ça reste une musique de son temps, un peu de beat, quelques passes de jazz sur des rythmiques un peu hip-hop. J’aime ses chansons quand même, même si ça ne me remue pas au plus profond de moi, mais je suis curieux de voir comment il fait ça. »

Mac DeMarco, dimanche 4 août, 17 h 15, scène de la Rivière

« Kurt Vile & The Violators aussi, j’aimerais le voir, mais Mac DeMarco, j’ai trop tripé sur lui pour être déçu de le voir en concert, même si son dernier disque [Here Comes the Cowboy, 2019] est un peu moins bon. Je trouve que y’a de quoi de beau [dans ses chansons], de vraiment dramatique, mais en même temps, il continue de faire le cave. L’album This Old Dog était vraiment excellent, ce gars-là reprend la grande tradition du songwriting — pas dans le style tout à fait, mais dans la maturité des Elton John et Peter Gabriel. Il s’enligne pour bien vieillir, lui, je pense, même si sur le dernier album, il est devenu plus bizarre. C’est normal, c’est Mac DeMarco, et on s’était habitués à le voir aller vers la pop. »

Tierra Whack, dimanche 4 août, 18 h 45, scène de la Vallée

« Si y’a une rappeuse américaine qui est malade, c’est elle, Tierra Whack », jeune auteure, compositrice, chanteuse et rappeuse de Philadelphie, révélée par le succès Mumbo Jumbo en 2017.

« Je l’ai vue à South by South West — bon, c’est sûr que dans ce contexte de vitrines, avec tous les artistes partout, c’est un peu la guerre, et à cause de son format de chansons qui durent une minute et demie, ça devient plus difficile. C’est pour ça que j’ai hâte de l’entendre dans un concert plus construit, plus officiel, parce que son album [Whack World, 2018] est phénoménal. Elle a vraiment quelque chose de spécial. »

Childish Gambino, dimanche 4 août, 21 h 35, scène de la Rivière

« C’est plus pop, mais je suis un fan de Donald Glover [nom civil du rappeur, acteur, scénariste et réalisateur]. En fait, je suis même fan de Glover en dehors de son travail de musicien. Atlanta, la série télé qu’il a conçue et dans laquelle il joue ? J’élève ça au même niveau que Série noire dans mon palmarès des meilleures séries télé, et Série noire, dans ma tête, c’est le Fargo québécois. Avec Atlanta, il t’amène derrière les rideaux de la scène rap du sud des États-Unis. Pourquoi je trouve ça pop ? Parce qu’il va y’en avoir à Osheaga, de l’Ontarien en shorts de couleur avec des mocassins qui vont chanter This Is America [son récent brûlot rap engagé]. On va tous être des Blancs qui vont chanter This Is America, ça va être tellement bizarre ! »

Et en prime

Enfin, Vincent Roberge insiste pour que l’on ajoute ses mentions spéciales : « J’aimerais voir Joji, une superstar, full pop-R & B, son album s’appelle Ballads, il fait son beau garçon triste. Schoolboy Q, c’est un esti de bum, il est vraiment fort — il fait partie de la gang de Kendrick Lamar, Top Dawg Entertainment. J’aimerais voir la gang d’Anemone aussi, de Montréal, du monde vraiment le fun. Y’a un autre rappeur aussi, Saba, un gars de Chicago qui fait aussi partie d’un groupe, le Pivot Gang… La prochaine fois qu’on parlera de musique, faudrait prévoir un rendez-vous de deux heures ! »