Blink-182: pétards pas mouillés

Blink-182 a souligné le 20e anniversaire de son mythique album «Enema of the State» en le jouant dans son intégralité avant de déborder dans son répertoire.
Photo: Renaud Philippe Blink-182 a souligné le 20e anniversaire de son mythique album «Enema of the State» en le jouant dans son intégralité avant de déborder dans son répertoire.

Si la pluie a forcé l’annulation du très attendu spectacle d’Imagine Dragons samedi, les pétards n’étaient pas mouillés dimanche pour le concert de Blink-182, qui avait traîné des paquets de camions d’équipements pour son concert au Festival d’été de Québec. Le groupe qui soulignait le 20e anniversaire de son mythique album Enema of the State en a joué l’intégralité avant de déborder dans son répertoire.

Les effets de toges ne font pas la qualité d’un spectacle, mais tant qu’à recevoir ces bombes pop punk avec une livraison plus qu’adéquate, pourquoi ne pas ajouter un peu d’extra sauce ? Il y a eu la fumée blanche, sur deux ou trois titres, dont sur le tube What’s My Age Again?, qui a vraiment fait décoller la soirée. Il y a eu la vingtaine d’extraterrestres gonflables lancés dans la foule pendant Aliens Exist. Il y a eu les serpentins colorés pour All The Small Things. A-t-on parlé des flammes projetées dans les airs sur Bored To Death et First Date en fin de parcours ?

L’écran de scène était utilisé assez simplement, mais on y a entre autres navigué comme un oiseau au-dessus du sol, dans un monde à la Tron ou comme un surfeur dans le creux d’une vague. Blink-182 était par ailleurs installé devant des murs de cubes illuminés, qui servaient de prolongement de l’écran et qui mimaient la plupart du temps des amplificateurs.

Le guitariste Matt Skiba avec sa gratte verte, le bassiste Mark Hoppus, tout sourire, et le batteur Travis Barker sans t-shirt dès Dumpweed, en ouverture, ont profité d’une sonorisation impeccable — contrairement à The Offspring, plus tôt dans la soirée — et ont propulsé leur musique à des dizaines de milliers de nostalgiques dans la fin trentaine.

« "Nous sommes Blink-182, je vais à la plage." C’est l’entièreté du français que je connais », a lancé Hoppus dans un rare moment de « dialogue » avec la foule, à l’exception d’une requête pour que le public allume sa lumière de téléphone pour Adam’s Song, « Get ready to cry, this is emo shit », a lancé le bassiste.

Si Blink-182 a bien joué l’intégralité d’Enema of the State, le groupe n’a pas fait de flafla autour de la chose, n’en parlant pas ni avant ni après les douze titres du disque mythique ayant été écoulé à quelque 15 millions d’exemplaires dans le monde. Le concert de la formation s’est poursuivi avec d’autres bombes — dont la toute fraîche Blame It On My Youth — avant de finir, bien sûr, avec Dammit, sous une pluie de confettis. L’histoire ne dit pas, par contre, où sont passés les extraterrestres gonfables…

La musique est toujours là

Les vétérans de The Offspring — encore plus vétérans que Blink-182 ! — ont déjà trente ans de carrière et neuf albums derrière la cravate, mais ont montré qu’ils étaient encore capables de tenir la route, sans toutefois casser la baraque. Ils ont bien quelques livres en plus et des semelles un peu plus dans le béton, mais la musique y est encore. Les guitares sont tranchantes, et la voix si particulière de Dexter Holland est à point. Dommage quand même que le son de la voix principale ait été très aléatoire pendant leur performance, gâchant certains moments.

The Offspring a foncé presque droit devant pendant une quarantaine de minutes avec une sélection du type best of — incluant la nouvelle It Won’t Get Better, en harmonie avec le reste, ainsi qu’une reprise d’AC/DC, Walk All Over You — avant de tempérer un peu avec une version au piano de la balade rock Gone Away et une version avec guitare acoustique de Why Don't You Get A Job?

Le groupe a pris quelques moments pour profiter de la foule et rigoler, avant d’enfiler Pretty Fly (For a White Guy) et le tube The Kids Aren’t Alright et plus tard, au rappel, le classique Self Esteem, increvable hymne du milieu des années 1990.

« Nous sommes Neck Deep »

Le groupe du Royaume-Uni Neck Deep, qui fait la récente tournée de Blink-182, a fait un saut de puce en ouverture, le temps de sept titres bien tassés, d’un punk quasi intemporel, mais en adéquation avec le reste de la soirée. Sur le grand écran derrière, le groupe avait affiché en lettres jaunes sur fond noir : « Bonjour Québec, nous sommes Neck Deep », alors que deux grosses lettres gonflées « N » et « D » étaient installées sur la scène.

Mis à part les guitaristes qui tournoyaient régulièrement sur place pendant les pièces, rien de grandiose à mentionner. La foule a apprécié, surtout en fin de course avec In Bloom et Where Do We Go.