Naya Ali construit son empire

Naya Ali, qui a dans le début trentaine, a fait paraître l’an dernier un premier minialbum de six chansons, «Higher Self», où l’on peut retrouver le titre «Ra Ra», qui s’est démarqué du lot.
Photo: Coyote Records Naya Ali, qui a dans le début trentaine, a fait paraître l’an dernier un premier minialbum de six chansons, «Higher Self», où l’on peut retrouver le titre «Ra Ra», qui s’est démarqué du lot.

L’année dernière encore, Naya Ali travaillait dans le monde du marketing, dans un boulot de 9 à 5 qui ne la rendait pas très heureuse. Voilà qu’aujourd’hui, la vigoureuse rappeuse montréalaise mord dans la vie comme dans ses mots. Et elle grimpe à toute vitesse les marches de sa nouvelle carrière musicale, avec comme objectif de créer rien de moins qu’un empire.

Naya Ali, début trentaine, a fait paraître l’année dernière un premier minialbum de six chansons, Higher Self, où l’on peut retrouver le titre Ra Ra, qui s’est démarqué du lot. Juste avant l’été, début juin, la rappeuse qui rime en anglais mais qui parle aussi en français a lancé un nouveau morceau efficace, Get It Right.

Elle n’a donc que sept titres officiels à son actif, mais Naya Ali voit grand. Et l’industrie musicale s’intéresse à elle, comme l’indique sa signature avec Coyote Records (D-Track, Lary Kidd, King Abid, Laurence Nerbonne, Webster, Stefie Shock). Au Festival d’été de Québec, elle participe aussi au marathon rap de samedi, lors duquel elle est la troisième tête d’affiche, derrière Loud et Koriass et devant Sans Pression.

« C’est super à voir comme journée, ça démontre que le rap prend une place de plus en plus importante au Québec, estime Naya Ali. Et si [la culture rap] reste encore naissante ici, l’initiative est importante et je suis curieuse de voir comment ça va croître dans les prochaines années. »

La rappeuse est donc en train de s’enraciner en sol québécois, une étape cruciale, estime Ali. « C’est important d’avoir un noyau à la maison, dit-elle. Mais le marché que je vise, c’est les States et l’international. »

Parlant d’ambition, Naya Ali ne le cache pas, elle est fan de Jay-Z, mégastar américaine du rap. Sur la page Facebook d’Ali, elle a partagé en juin une courte vidéo où l’Américain disait : « Always believe you’re great even before anyone else believe it. »

« Pour moi, c’est le rappeur numéro un qu’il fallait étudier. Pour sa sagesse, entre autres, il y a beaucoup à apprendre de lui. Sa façon de bouger, de gérer les choses. Il est le premier rappeur à devenir milliardaire, alors on serait fous de ne pas l’étudier. Mais c’est plus que la musique pour moi, je suis prête à construire un empire, une étape à la fois. »

L’Éthiopienne de naissance a aussi scruté Kanye West « pour sa constante innovation », Kid Cuddy pour ses mélodies et son émotion, « et Kendrick pour son flow ».

Positivisme réaliste

Sur plusieurs photos ou dans ses clips, on voit Naya Ali avec la lèvre remontée, comme pour montrer les crocs — qu’elle a en partie en or. Pourtant, si elle fait la moue ou si elle se la joue un peu mauvaise fille, la rappeuse met en avant un message constructif, dit-elle. « Negativity out of the equation », livre-t-elle d’ailleurs sur Ra Ra.

« J’amène de la positivité, mais pas dans une approche irréaliste. On a besoin de positivité de nos jours, avec tout ce qui se passe. On a besoin de cet équilibre. […] En même temps, je ne veux pas avoir une image parfaite, je veux pouvoir faire des choses un peu en marge. Je veux être vraie, je me plante des fois, je sacre, je suis humaine. C’est ça, l’affaire, je veux montrer mon humanité, c’est tout. »

Pour l’instant, Naya Ali se révèle somme toute très peu dans ses entrevues, sculptant du fait même son personnage, ou montrant une facette plutôt stoïque de sa personnalité. Pourtant, on l’a récemment vue dans une capsule vidéo du festival La Noce, où elle se montrait pince-sans-rire devant le chanteur des Hôtesses d’Hilaire.

La jeune femme rigole tout à coup. « Ouais, ça fait partie de moi aussi. Je me dévoile petit à petit, comme un oignon ! En fait, je suis pas mal joker. »

La suite est déjà en branle pour Naya Ali, son premier disque complet étant prévu pour 2020 si tout va bien. « C’est en chantier, j’ai des démos, le processus créatif est démarré. J’ai le thème global, les textures, on a cherché des producers, et on travaille à des chansons, ouais. » Les fondations sont coulées, l’empire peut se construire.

Naya Ali

Au Festival d’Été de Québec le 13 juillet. Au Festif ! de Baie-Saint-Paul le 19 juillet. À Osheaga le 2 août. À La FÉE en Abitibi-Témiscamingue le 16 août.