Joseph Suk, Asraël, Pohadka

Fort étrangement, les disques posthumes de Jiri Belohlavek, mort le 31 mai 2017, n’en finissent pas de nous parvenir. Ils ne sont heureusement pas opportunistes, mais légitimes et éminents. C’est ainsi qu’après Ma patrie de Smetana et la Messe glagolitique de Janáček (dans sa version première, non révisée), nous arrive un album important de la musique la plus impressionnante de Joseph Suk (1874-1935). Pour ceux qui ne le sauraient pas, Asraël (l’ange de la mort), une symphonie d’une heure, est un monumental chef-d’oeuvre composé en 1904, sorte d’accomplissement postromantique du poème symphonique lisztien à la sauce Dvořák pimentée. À la suite de la référence historique (Talich 1952), nous avons eu il y a une dizaine d’années une grande version moderne signée Claus Peter Flor (BIS en SACD). C’est cette interprétation noire et dramatique que cette version captée en 2014 vient concurrencer. L’ajout documentaire des 30 minutes de Pohadka n’est ni déterminant ni pénalisant : du grand art qui éclipse les versions antérieures du chef.

Jiri Belohlavek dirige le 3e mouvement d'Asraël de Suk

Joseph Suk

★★★★
Classique

Asraël, Pohadka. Orchestre philharmonique tchèque, Jiri Belohlavek, Decca 2 CD 483 1781