The Offspring dans un entre-deux de totale liberté

The Offspring ne ralentit pas, explique Noodles, le guitariste (à droite). L’été sera chargé, et le groupe mené par le chanteur Dexter Holland jouera un peu partout sur la planète, avec un fort accent mis sur l’Europe au mois d’août.
Photo: Corey Perrine Agence France-Presse The Offspring ne ralentit pas, explique Noodles, le guitariste (à droite). L’été sera chargé, et le groupe mené par le chanteur Dexter Holland jouera un peu partout sur la planète, avec un fort accent mis sur l’Europe au mois d’août.

Trente ans après son premier brûlot éponyme et sept ans après son dernier effort Days Go By, le vétéran groupe punk-rock The Offspring est fin prêt pour un nouvel album. En attendant la sortie des nouvelles chansons — déjà enregistrées —, la formation passe l’été sur la route, faisant deux arrêts au Québec, dont un dimanche sur la grande scène du Festival d’été de Québec.

« Je pourrais cliquer sur “envoyer” en ce moment sur mon ordinateur, j’ai les chansons devant moi pendant qu’on se parle ! » rigole Noodles, le guitariste du groupe californien à qui l’on doit une série de bombes punk comme Self Esteem, Bad Habit, All I Want et The Kids Aren’t Alright.

The Offspring est dans une étrange et belle position en ce moment, car les musiciens se retrouvent dans un entre-deux de totale liberté. Leur contrat avec l’étiquette de disques Sony est échu, et les quatre musiciens peuvent donc décider comment ils veulent faire paraître ces nouvelles chansons.

« On pourrait simplement trouver une entente de distribution pour rendre accessibles les disques physiques ou numériques, ou alors opter pour un contrat de disque complet, par exemple, explique Noodles, de son vrai nom Kevin Wasserman. L’avantage d’avoir une étiquette, c’est d’avoir quelqu’un qui répond au téléphone pour toi, et qui peut aider à coordonner des journées d’entrevues comme aujourd’hui. »

La réflexion est donc davantage autour de la qualité de la vie du groupe plutôt que sur les revenus. « Je dirais qu’on ne s’attend plus vraiment à un gros coup d’argent en ventes, on sait que financièrement, l’industrie de la musique a subi un gros coup depuis 20 ans. C’est vraiment à partir du moment où on a lancé Americana [en 1998] que les choses ont commencé à changer. »

Mais Noodles est loin d’être défaitiste pour son groupe. À ses yeux, The Offspring n’a jamais été dans une meilleure situation. « On a joué de la musique comme un passe-temps pendant 10 ans, on ne pensait pas qu’on en ferait une carrière, souligne-t-il. On a été terriblement chanceux d’arriver là où on est. »

Neuf albums et un greatest hits plus tard, The Offspring ne ralentit pas, explique Noodles. L’été sera chargé, et le groupe jouera un peu partout sur la planète, avec un fort accent mis sur l’Europe au mois d’août.

Au Québec, The Offspring s’arrêtera donc dimanche sur les plaines d’Abraham pendant le Festival d’été de Québec, en première partie de Blink-182, avant de faire une apparition étonnante au petit Festivalma, à Alma.

« On donne des spectacles comme des gangbusters [comme des malades]. Et le public est phénoménal ! On a aussi fait notre première tournée acoustique au printemps et on a aussi eu beaucoup de plaisir. »

Plus attrayant

Si les cachets de la scène peuvent compenser des ventes de disques en chute libre, le guitariste Noodles ajoute par ailleurs que le monde du concert est aussi très compétitif.

« Nous-mêmes, on a discuté du calibre de notre production. Tu sais, on a toujours un peu gardé ça low profile, on est un band punk, on joue des chansons devant un backdrop [une simple toile d’arrière-scène], avec des lumières. Mais pour les fans qui voient nos faces depuis longtemps, on essaie d’en faire plus un peu avec la production, d’ajouter des vidéos par exemple, de monter notre jeu d’un cran dans ce domaine. On veut être divertissants, autant que n’importe quel groupe sur cette scène. Si on joue avant Metallica ou les Red Hot Chili Peppers, on veut être aussi divertissants qu’eux. Peu importe qui est la tête d’affiche, on veut être à la hauteur. »

Études et actualités

Le groupe mené par le chanteur Dexter Holland possède depuis quelque temps son propre studio pour enregistrer sa musique — merci aux technologies numériques qui permettent de se doter d’équipements intéressants sans hypothéquer sa maison.

L’enregistrement des nouvelles chansons a toutefois été ralenti par le retour à l’école de Holland, qui a fait un doctorat en biologie moléculaire. « Sa thèse porte sur le virus du sida, souligne Noodles. À l’époque, il ne lui restait qu’un an à faire quand le groupe a vraiment décollé, alors il a dû mettre ça sur la glace. Maintenant, il est le docteur Dexter Holland ! »

Nous-mêmes, on a discuté du calibre de notre production. Tu sais, on a toujours un peu gardé ça low profile, on est un band punk, on joue des chansons devant un backdrop, avec des lumières. Mais pour les fans qui voient nos faces depuis longtemps, on essaie d’en faire plus un peu avec la production, d’ajouter des vidéos par exemple, de monter notre jeu d’un cran dans ce domaine. On veut être divertissants, autant que n’importe quel groupe sur cette scène. Si on joue avant Metallica ou les Red Hot Chili Peppers, on veut être aussi divertissants qu’eux. Peu importe qui est la tête d’affiche, on veut être à la hauteur.

Et est-ce que, trente ans plus tard, The Offspring peut toujours véhiculer la frénésie ou la hargne d’antan ? Noodles croit que oui.

« Tout ce qu’il faut faire, c’est aller sur les réseaux sociaux et regarder un peu les nouvelles, et si ça ne fonctionne pas, prends ta voiture et conduis dans le trafic du Sud californien ! C’est terrible ! » rigole celui qui joue toujours sur une guitare Ibanez de modèle Talman.

Les nouvelles chansons à paraître s’arriment par moments à l’actualité, confie-t-il. « On veut assurément souligner quelques trucs qu’on trouve déréglés », et la politique américaine fait partie du lot.

« J’ai entendu des gens comparer Donald Trump à l’anarchisme de Johnny Rotten [des Sex Pistols]. Mais Johnny Rotten est un être humain sensé et intelligent. Alors, je dirais que l’anarchie de Trump est un peu plus proche de celle de Sid Vicious ! »

The Offspring

Au Festival d’été de Québec le dimanche 14 juillet et au Festivalma le 15 juillet