Une année de transition et d’adaptation pour Petite-Vallée

Il y aura au moins une autre édition du festival qui se déroulera dans le vaste chapiteau temporaire de Petite-Vallée, installé là où le Théâtre de la Vieille Forge trônait jadis, au pied de la mer.
Photo: André Bujold Il y aura au moins une autre édition du festival qui se déroulera dans le vaste chapiteau temporaire de Petite-Vallée, installé là où le Théâtre de la Vieille Forge trônait jadis, au pied de la mer.

Gérer un petit festival musical loin des grands centres, c’est déjà un boulot complexe et essoufflant. Mais pour celui de Petite-Vallée, en Gaspésie, la table de travail est encore drôlement chargée, deux ans après l’incendie qui a ravagé la salle de spectacle qui servait de poumon à l’événement. Pour cette 37e édition, le directeur général et artistique Alan Côté doit continuer à bonifier et à adapter le chapiteau temporaire tout en jonglant avec les dédales obligés pour la reconstruction du lieu culturel.

« C’est des gros défis, c’est beaucoup de choses en dehors de notre mandat normal », confiait Alan Côté vendredi matin lors d’une rencontre avec les journalistes, aussi en compagnie du « passeur » officiel du festival, Patrice Michaud. L’événement — qui a commencé jeudi et qui s’étire jusqu’au 6 juillet — vient d’ailleurs de nommer un gestionnaire de projet pour mener l’aventure, première étape d’une longue série.

« J’y crois pour 2021, lance Alan Côté. C’est plausible. C’est très serré, mais c’est jouable. » Il y aura donc au minimum une autre édition du festival qui se déroulera dans le vaste chapiteau temporaire de Petite-Vallée, installé là où le Théâtre de la Vieille Forge trônait jadis, au pied de la mer, face au vent. Les choses progressent lentement, mais c’est le processus normal pour un projet de cette envergure, souligne Côté, qui doit passer par un concours d’architecture en raison de la valeur du chantier (quelque 9,8 millions, dont plus de 5 millions pour la construction).

Transition

« C’est pas la volonté politique » qui manque, souligne-t-il, précisant que Québec — qui a réservé 6,5 millions l’an passé pour la reconstruction —, ne peut aller plus vite que le processus obligé. Le fédéral serait aussi prêt à aider. La ministre de la Culture du Québec, Nathalie Roy, est attendue samedi à Petite-Vallée, possiblement pour aider le festival dans l’entre-deux coûteux dans lequel il est coincé.

C’est que le chapiteau acheté l’année dernière — et qui sera réutilisé dans le futur sur un autre site — coûte quelque 50 000 $ par an à monter et à démonter, souligne le directeur. Et cette année, l’infrastructure a aussi été améliorée, question d’offrir une expérience bonifiée aux festivaliers.

Par exemple, du côté du bistro qui mène à la salle de spectacle, l’éclairage a été amélioré et des murs de bois ont été installés au lieu d’une toile. Avec comme impact que le vent s’engouffre moins dans les lieux, et que des fenêtres ont pu être installées, offrant à nouveau une vue imprenable sur la mer et la grève. Une terrasse a aussi été construite à l’extérieur, un ajout majeur, dit Alan Côté.

« Ç’a été un grand manque l’année dernière. Les touristes, l’été, ils veulent l’accès au bord de la mer. On a le site parfait pour ça, mais il manquait » ladite terrasse.

En parallèle de ces changements dans les infrastructures, le Festival en chanson de Petite-Vallée a procédé au fil des dernières années à un virage jeunesse, d’une part par sa programmation, d’autre part en invitant plusieurs médias numériques pour intéresser de nouvelles communautés musicales. L’organisation prévoit même d’offrir l’an prochain des places de camping à petit prix, pour permettre à de jeunes festivaliers de venir voir des spectacles sans se ruiner avec les coûts d’hébergement.

Déjà, Alan Côté voit des résultats en billetterie, soulignant la foule fort honnête pour le spectacle de Jérôme 50 en fin de soirée jeudi. Et déjà quelque 200 billets sont vendus pour le spectacle du rappeur FouKi dimanche.

« Je le constate, ça saute aux yeux que la clientèle s’est diversifiée », témoignait Patrice Michaud, lui-même gaspésien et fidèle du festival, où il s’est arrêté comme participant ou comme festivalier lors de huit des dix dernières années.

Les chiffres de prévente laissent d’ailleurs croire que l’édition 2019 sera l’une des meilleurs depuis longtemps. En 2018, le festival avait récolté 145 000 $ en billetterie malgré toute la visibilité amenée par l’incendie. Et déjà cette année, plus de 160 000 $ avaient été récoltés avant même la première note de musique.