Carter et Galliano au Théâtre Maisonneuve: une réunion mémorable

C’est avec l’une de ses propres pièces, la «Valse à Margaux», qu’il a redédiée à Michel Legrand, que Richard Galliano a véritablement montré sa virtuosité et sa versatilité.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir C’est avec l’une de ses propres pièces, la «Valse à Margaux», qu’il a redédiée à Michel Legrand, que Richard Galliano a véritablement montré sa virtuosité et sa versatilité.

Ils étaient deux gaillards sur la scène du Théâtre Maisonneuve, mercredi, deux géants musiciens, aux feuilles de route à couper le souffle, mais restés d’éternels enfants fascinés par leur art.

En première partie d’un programme double généreux, Ron Carter, immense à côté de sa contrebasse, et Richard Galliano, armé de son accordéon à boutons Victoria qu’il utilise depuis les années 1960, livraient un duo fabuleusement réuni par André Ménard, qui en rêvait, a-t-il dit, depuis des décennies.

Sur scène, les deux hommes se sont apprivoisés, graduellement, jouant des pièces de chacun d’entre eux, mais aussi une pièce de Legrand, Watch What Happens. Le duo a laissé place par moments à des solos et des envolées à couper le souffle, traversées d’un prélude en do majeur de Bach ici, d’un Libertango d’Astor Piazzolla là, révélant la formidable connivence de leurs deux instruments, développée en 1990.

Déjà, Galliano et Carter, qui a joué avec le quintette de Miles Davis dans les années 1960, avaient enregistré ensemble un disque mettant en commun leur talent, Panamanhattan, en 1991.

En deuxième partie, c’est le quatuor à cordes Molinari et le contrebassiste Éric Lagacé, qui entouraient Galliano qui avaient réorchestré pour l’occasion de nombreuses pièces de Michel Legrand, dont les très grands succès que sont Les Parapluies de Cherbourg, Les moulins de mon coeur, et Été 42.

Les oeuvres voyageaient notamment sur la douceur du pizzicato, cette technique qui consiste à pincer les cordes du violon, plutôt que de les frotter avec l’archet.

Mais c’est avec l’une de ses propres pièces, la Valse à Margaux, qu’il a redédiée à Michel Legrand, que Galliano a véritablement montré sa virtuosité et sa versatilité. L’artiste a rappelé que le tout premier disque de Legrand était conçu pour l’accordéon, et s’appelait I love Paris.

L’accordéoniste a aussi expliqué au public avoir rêvé de réunir Michel Legrand et la chanteuse Barbara, avec laquelle il a collaboré. À défaut d’avoir pu le faire du vivant de ses deux amis, Galliano a offert mercredi à l’assistance ravie une pièce intitulée Portrait de Barbara, ainsi qu’une autre composition, Aurore.