Le tour des aubaines au FIJM

WellBad se produira gratuitement le 1er juillet à 21 h et à 23 h sur la scène située à l’angle des rues Clark et De Montigny.
Photo: Blue Central Records WellBad se produira gratuitement le 1er juillet à 21 h et à 23 h sur la scène située à l’angle des rues Clark et De Montigny.

Chaque année, cette période-ci se conjugue, musicalement causant, avec l’avalanche. En langue économique, la moins appréciée d’entre les langues, on soulignerait qu’il y a une fièvre inflationniste. Et comme il en est toujours ainsi chaque année depuis plus de 30 ans, on vous propose un choix fixé à l’enseigne du rapport qualité/prix. Bref, des aubaines. On en a relevé trois : Marc Copland, Stephen Barry et Welbat. Déclinons.

Marc Copland est un cas unique dans les annales du jazz. Entre la fin des années 1960 et les premières de la décennie suivante, il s’était taillé une bonne réputation auprès de ses collègues. Il était une figure de proue de ce qu’on nommait alors le jazz loft avec son grand ami le saxophoniste Michael Brecker. Puis, sans dire un mot, il a quitté la scène.

Il est retourné dans sa ville natale, Philadelphie, où il a entamé une vie monastique. Plus précisément, il a abandonné le saxophone pour mieux étudier le piano, son premier instrument. Il a fait cela jour après jour, dix ans durant. Au terme de cette période, il est revenu sur la scène en alignant ensuite des albums enregistrés avec des fines lames : Gary Peacock, Paul Motian, Billy Hart, John Abercrombie, Drew Gress…

Aujourd’hui, Copland présente un style très personnel, très singulier, ou encore aisément reconnaissable. Il n’est pas un pianiste caméléon. Il n’est pas de l’école Hank Jones. Notre homme est un poète et un lyrique à la fois. Il est parvenu à confectionner des lignes qui se glissent entre celles développées autrefois par Bill Evans et Paul Bley. Copland se produira les 3 et 4 juillet au Dièse Onze en compagnie d’Adrian Vedady à la contrebasse et de Jim Doxas à la batterie. Prix du billet : 20 $.

Si le FIJM compte 40 ans d’ancienneté, le Stephen Barry Band, lui, en compte une bonne cinquantaine, voire davantage. On l’a déjà souligné, on va l’écrire encore : cette formation est le secret le mieux gardé d’Halifax à Vancouver. À cela, on ajoutera ceci : la manière dont le bassiste et ses acolytes jouent le blues depuis tout ce temps, soit en malaxant la finesse et la simplicité, s’est révélée, pour employer à la langue commune, payante.

Barry plus le guitariste et chanteur Andrew Cowan, le saxophoniste Jody Golick, le batteur Gordie Adamson et parfois l’harmoniciste Martin Boodman sont à leur manière les Bluesbreakers du Canada. Non pas dans leur défense et leur illustration du blues, mais… Avec John Mayall, le patron des Bluesbreakers, Barry partage un gros point commun : le nombre de musiciens qui ont grandi au sein de sa formation. Si vous avez des doutes, mettez la main sur un de leurs albums. Barry et ses amis se produiront gratuitement le 4 juillet à 19 h sur la scène située à l’angle des rues Clark et De Montigny.

Avant le dévoilement de la programmation de la présente édition du FIJM, on n’avait jamais entendu Daniel Welbat, alias WellBad, chanteur, guitariste, auteur et compositeur allemand. Après écoute de son album intitulé Heartbeast, on a été étonné, dans le bon sens du terme. Ce diable d’homme évolue et propose un univers qui voisine ceux de Tom Waits et de Nick Cave. Par la voix, mais surtout par le propos.

Son disque est baroque et drôle à la fois. Il y raconte l’histoire véridique d’un réalisateur de série B qui fait un vol à main armée pour financer son prochain film. Ce ratage complet, Welbat le raconte avec verve et nous, on se régale. Il se produira gratuitement le 1er juillet à 21 h et à 23 h sur la scène située à l’angle des rues Clark et De Montigny.