Ride Me Back Home, Willie Nelson

L’autre jour, je dénichai un Willie Nelson des débuts : Country Willie His Own Songs. Imberbe, pas mécontent, il y rapatriait ses enfants, chansons à succès jusque-là disséminées : Hello Walls, Funny How Times Slips Away, dix autres. Déjà une somme, en 1965. Nous voilà 54 ans et 803 albums plus tard (j’exagère à peine), et Willie propose encore du nouveau : on est comme d’hab' entre l’énième évocation de la fin finale (One More Song to Write) et la suite pas énervée de la vie : frétillements sur le tard (Seven-Year Itch), ballade au petit trot (Come on Time). Mais la force de notre octagénaire impénitent réside plus que jamais dans son art d’interpréter, à l’opposé du Willie de 1965 : c’est lorsqu’il « countryfie » du Billy Joel romantique (Just the Way You Are), du Guy Clark tendre (My Favorite Picture of You) ou du Mac Davis marrant (It’s Hard to Be Humble) qu’il donne sa pleine mesure. Il peut tout s’approprier, le patriarche, et ne s’en prive pas. En fumer du bon, ça ne se refuse pas.

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Ride Me Back Home

★★★★
Americana

Willie Nelson, Sony Legacy