Tales of America, J.S. Ondara

C’est à peine croyable en 2019. Quelque part au Kenya, un p’tit gars que l’on destinait à une profession libérale s’entiche de Dylan, entendu à la radio. En 2013, le voilà à Minneapolis, chez une tante. Trouve une épave de guitare. Apprend tout Dylan à l’oreille. Quelques perfos en ligne et puis Verve, la fameuse étiquette du folk, le repère. Et voilà son premier album, surtout guitare-voix mais pas seulement. De l’Afrique dans le phrasé, çà et là dans la rhythmique, mais on dirait surtout un jeune Arlo Guthrie. Et il chante son rêve américain comme si ça se faisait encore : « Go as fast as your feet they will carry / For the greater chase has begun ». Son Amérique est une course à la désillusion dans Saying Goodbye, une suite de constats terrifiés (Days Of Insanity), des échos d’esclavagisme (Master O’Connor) et l’espoir doux-amer de se faire une place : « Will you let me in / or are you at capacity ? » demande-t-il dans God Bless America. L’Amérique d’Ondara est une peine d’amour. En spectacle dans le cadre du FIJM au Club Soda, jeudi, 21 h.

Écoutez American Dream

Tales of America

★★★ 1/2
Folk

J.S. Ondara, Verve Forecast