Salle comble et public comblé pour Les Louanges

Vincent Roberge, toujours en contrôle, restait relativement calme dans des actions et ses gestes, préférant la nuance corporelle au jogging scénique. Et il profitait visiblement de ce moment assez puissant qui se déroulait devant ses yeux.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Vincent Roberge, toujours en contrôle, restait relativement calme dans des actions et ses gestes, préférant la nuance corporelle au jogging scénique. Et il profitait visiblement de ce moment assez puissant qui se déroulait devant ses yeux.

Quelques heures avant la montée sur scène des Louanges au Club Soda mardi, Laurent Saulnier, des Francos, avait bien averti les gens de l’industrie rassemblés dans les bureaux du festival : la salle sera remplie à craquer, et n’essayez même pas de vous agripper un billet de faveur. C’était en effet salle comble — et très jeune — dans l’espace de quelque 900 places. Ça jouait du coude au parterre, quoi.

Gros succès au guichet, donc, pour le jeune Vincent Roberge, que Le Devoir avait mis en tête de son palmarès musical 2018 et que Radio-Canada a récemment choisi comme une de ses Révélations. Et il faut le dire d’emblée, mardi, c’était un gros succès musical aussi.

Les Louanges avaient une présence massive sur scène, avec cinq musiciens et deux choristes en plus de Roberge à la guitare. Une force de frappe non seulement forte, mais aussi précise, capable de rendre les pièces de l’album La nuit est une panthère en versions améliorées.

Dès la pièce Pitou, deuxième du spectacle, la foule a fait sentir sa présence et son impact en chantant toutes les paroles, faisant réagir Roberge. « Oh, vous êtes bons ! » Pendant ce temps, le groupe poussait la note funk alors que les claviers roulaient joliment.

Petit moment plus doux, avec DMs — suave avec sa ligne de basse coulante — et une nouvelle pièce lente, Attends-moi pas, pendant laquelle le Club Soda s’est fait hypertranquille pour écouter attentivement.

Les Louanges ont poussé les notes hip-hop et jazz à fond par la suite, et le groupe sait y faire. Le mélange musical du disque prenait vie devant nos yeux, et pas qu’un peu. À coups de lignes de saxophone, de clavier et de batterie, ça vivait à plein, ça palpitait à coups de longs moments musicaux, ça vibrait, notamment sur Guérilla, Kekaula et Jupiter — au couplet rapé à la Kendrick Lamar. Ça glissait, même, sur la pièce-titre du disque. Encore là, la foule s’y est mise. Tombé, le quatrième mur de la chanson, à grands coups de refrains (et même de couplets) entonnés.

Dans tout ça, Vincent Roberge, toujours en contrôle, restait relativement calme dans des actions et ses gestes, préférant la nuance corporelle au jogging scénique — sauf peut-être quelques escalades sur des amplis. Et il profitait visiblement de ce moment assez puissant qui se déroulait devant ses yeux.

Avant le rappel, c’est la délicieuse Tercel qui a scellé tout ça, et qui a confirmé d’une part le lien fort que Les Louanges ont avec leur public et de l’autre la virtuosité de ce groupe de musiciens, capable d’une grande maîtrise technique sans lésiner sur la charge émotive. Du grand art, et surtout beaucoup de plaisir…

Halo Maud

C’est Vincent Roberge lui-même qui a tenu à présenter le groupe Halo Maud en ouverture de soirée. « Ils sont ben cool, ils arrivent tout droit de Paname », a-t-il lancé en rigolant. Une partie de la foule s’est mise à crier. « Oh, il y a du monde du Plateau dans la salle ! » a lancé Roberge.

Le mélange entre Les Louanges et Halo Maud était plutôt cohérent. Les deux ne partagent pas la même énergie, mais leurs esthétiques, du moins les textures, se rapprochent, quelque part entre l’organique éclectique et le synthétique.

 
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir La chanteuse Maud Nadal du groupe Halo Maud

Halo Maud, c’est le projet de l’auteure-compositrice-interprète française Maud Nadal (membre entre autres de Moodoïd). En quatuor sur scène, les choses se passent même si on sent que la musique du groupe prendrait toute sa force dans le creux de nos écouteurs. Chant aigu, pièces tempérées, mais rythmées, touches d’anglais dans des textes rêveurs, l’ambiance était fort belle. Certains morceaux s’étiraient, s’ouvraient, laissaient de la place à un peu d’air dans nos neurones, avant de se conclure en rafale rock. Fils rompus, et tant mieux.

« Je suis un petit peu impressionnée », a-t-elle confié devant le Club Soda rempli, avant d’entamer sa dernière pièce de la soirée, Des bras. Au final, elle a obtenu une bonne salve d’applaudissements.

Notez qu’Halo Maude sera à Québec à L’Anti le 19 juin, en première partie de Forest Boys.