Sortie de scène pour la «Damnation» de Lepage au Met

La très spectaculaire «Damnation de Faust», présentée en 2008 à New York, après avoir conquis le Japon et Paris, repose sur de nombreux effets de projections et comprend des éléments de vidéo interactive.
Photo: Ken Howard Metropolitan Opera La très spectaculaire «Damnation de Faust», présentée en 2008 à New York, après avoir conquis le Japon et Paris, repose sur de nombreux effets de projections et comprend des éléments de vidéo interactive.

Contrairement à ce qui avait été annoncé par communiqué de presse le 20 février dernier, le Metropolitan Opera ne reprendra pas le spectacle de La damnation de Faust de Robert Lepage à partir du 25 janvier 2020.

Les spectaculaires représentations scéniques sont remplacées par une simple version de concert dirigée par Edward Gardner qui sera donnée à quatre reprises du 25 janvier au 8 février avec Elina Garanca (Marguerite), Ildar Abdrazakov (Méphisto) et alternativement Bryan Hymel et Michael Spyres dans le rôle de Faust.

Dans un communiqué, le Met fait état de « demandes techniques inattendues concernant cette reprise, impossibles à accommoder dans la planification de production ».

La très spectaculaire Damnation de Faust, présentée en 2008 à New York, après avoir conquis le Japon et Paris, repose sur de nombreux effets de projections et comprend des éléments de vidéo interactive, interagissant avec les mouvements des acteurs sur scène.

Adaptation longue et coûteuse

Entre l’annonce de février et début juin, il y a eu la reprise du Ring de Wagner. Difficile de ne pas subodorer que quelque chose a dû se passer à ce moment-là. Michel Bernatchez, producteur chez Ex Machina, la compagnie de Robert Lepage, le confirme en donnant au Devoir des précisions supplémentaires.

« Le Met a décidé il y a deux ans d’installer un contrôle universel d’éclairage et de projection dans sa salle. Quand nous avons remonté le Ring, nous avons vu que cela posait des défis importants d’adaptation et de transposition du matériau projeté. Nous avons dû les avertir que ça allait être complexe pour La damnation de Faust. Devant l’ampleur du travail requis, vu l’importance de la présence de la vidéo dans cette production, le Met s’est inquiété des conséquences financières. »

On comprend donc que pour le Ring de Wagner, tout a dû être réadapté au nouveau système, avec des « coûts importants ». Dans le Ring, « beaucoup de technologies étaient complexes. Nous sommes arrivés à des résultats satisfaisants pour tous, mais qui étaient des compromis », précise M. Bernatchez.

La reprise de la tétralogie de Wagner avait une symbolique pour l’institution que la Damnation ne possède pas. Outre donc les questions de temps de montage et de démontage en flux tendu, des éléments de temps d’adaptation et de coûts afférents au travail de reformatage se sont donc posés.

D’après M. Bernatchez, l’expérience de la reprise de la Damnation à Québec en 2013 montre que le spectacle peut être monté ailleurs, mais « les technologies utilisées lors de l’élaboration du spectacle et remises à jour à Paris, à New York en 2008 et à Québec évoluent de la même façon que votre ordinateur ou le mien évoluent », suggère Michel Bernatchez. Il aurait donc fallu un « réinvestissement important » et « du temps de travail ».