Reward, Cate Le Bon

Il y a quelque chose d’ancien dans le chant de la Galloise Cate Le Bon, comme un distant souvenir des chanteuses-rossignols des années 1960. C’est une sorte de tristesse ingénue, une diction « à l’européenne », un souci du détail. Mais cette candeur est compensée par une audace structurelle et une exploration sonore qui font de Cate Le Bon une énergumène dadaïste de la pop. Son Crab Day (2016) était un collage, presque un pastiche, de la musique moderne. Reward se fait plus raffiné, tout en gardant ce côté comptine cubiste qui la distingue. Réflexion sur l’absurdité du monde et les contrecoups des changements de direction, Reward est proche du travail de Le Bon avec son groupe Drinks (duo avec Tim Presley de White Fence), par son traitement organique (Home to You). Ajoutez une bonne dose de saxo (Meet the Man) et une touche de kraut (Mother’s Mother’s Magazines) pour enrober le tout. On ne saurait où classer avec certitude l’univers onirique de Mme Le Bon, entre The Haçienda de Manchester et les soeurs Brontë. Rassurez-vous, c’est positif.

 

Reward

★★★ 1/2
Pop-Post-Punk

Cate Le Bon, Mexican Summer