L’affiche éclatée du Upstairs

Le guitariste et organiste de blues Lucky Peterson est devenu et reste ce qu’on appelle une bête de scène.
Photo: Six Média Le guitariste et organiste de blues Lucky Peterson est devenu et reste ce qu’on appelle une bête de scène.

Pour être éclatée, elle l’est la programmation que Joel Giberowitz et son équipe ont confectionnée dans le cadre du Festival de jazz qui se déroulera du 28 juin au 7 juillet. Entre les uns et les autres, les chanteuses et les fanfares, il y a de quoi satisfaire tout le monde et son père. Car tous les genres et sous-genres sont inscrits à l’affiche.

De tous les artistes invités, la personne la plus connue, ou du moins la plus respectée par ses pairs est bien évidemment la chanteuse Sheila Jordan, qui s’est d’ailleurs produite à plusieurs reprises au Upstairs.

Elle sera accompagnée par un trio de Montréalais, Steve Amirault au piano, Jim Vivian à la contrebasse et André White à la batterie.

Aujourd’hui âgée de 90 ans, Jordan symbolise une époque du jazz, ou plus exactement une métamorphose du genre.

Celle qui fut la grande amie de Charlie Parker et de Dizzy Gillespie, la femme du pianiste Duke Jordan, fait partie de ce groupe très restreint de chanteuses qui ont transformé, dans les années 1940 et 1950, des thèmes de be-bop en des standards.

Une voix d’une rare clarté

Depuis 70 ans, soir après soir ou presque, elle décline de sa voix singulière car d’une rare clarté les mots d’un jazz devenu classique. Elle occupera la scène le 28 juin.

À l’autre bout du spectre, si l’on ose dire, il y aura le guitariste et organiste de blues Lucky Peterson qui, en Europe et plus particulièrement en France, est ce qu’on appelle une vedette.

Ce protégé de Willie Dixon avait amorcé sa carrière à l’aune du météorite. Du jour au lendemain, son premier album enregistré pour Alligator l’avait projeté sur le devant de la scène.

Puis, à la fin des années 1990, il y eut la chute. Après un passage à vide, avec ténacité, constance il a remonté le fil. Il est remonté à la surface en alignant des albums puissants. Il est devenu et reste ce qu’on appelle une bête de scène. Le 2 juillet.

À la rubrique des surprises, il faudrait écrire le nom des Huntertones en lettres majuscules.

Comme on dit communément, ils déménagent, les sept membres de cette formation qui rassemble notamment un tromboniste, un saxophoniste et un trompettiste qui joue également du sousaphone, en plus d’une formation rythmique conventionnelle.

En fait, cet orchestre fondé à Columbus, dans l’Ohio, mais basé aujourd’hui à Brooklyn est une fanfare qui a fait des musiques du monde, d’Afrique avant tout, son miel. Allez sur son site, vous constaterez par vidéos interposées que ce groupe est à la fois très dynamique et fort sympathique. Le 29 juin.

Un registre profond

Le 27 juin, la chanteuse Laura Anglade lancera un album intitulé I’ve Got Just About Everything sur étiquette Justin Time.

Originaire du sud de la France, cette jeune vocaliste s’est installée au Connecticut.

À la voir, à écouter son Social Call, on est frappé, voire séduit par ceci : cette femme menue possède un registre d’une profondeur étonnante. Elle sera accompagnée par un quartet qui comprend notamment le guitariste Sam Kirmayer.

Quoi d’autre ? Le 3 juillet, le virtuose de la six-cordes Gilad Hekselman se produira en trio.

Le lendemain, 4 juillet, son batteur Kendrick Scott présentera son groupe Oracle avant que le trompettiste Keyon Harold ne conclue la série les 5 et 6 juillet. On en reparlera.

Le saxophoniste Jerry Bergonzi, le « gros » nom de la série, le « musician’s musician », ainsi que le nomment ses collègues, le prof émérite du New England Conservatory, sera le sujet de la prochaine chronique.