Ludwig van Beethoven, Sonates pour piano (vol. 8)

Les intégrales dessonates pour piano de Beethoven par des pianistes canadiens ne sont pas si nombreuses (Anton Kuerti, Louis Lortie, Stewart Goodyear) que nous puissions totalement occulter l’entreprise d’Angela Hewitt chez Hyperion, qui en est à son 8e volume. Curieusement (ou signe de lucidité extrême devant la portée artistique de l’entreprise ?), l’étiquette anglaise publie parallèlement des disques isolés de sonates de Beethoven par Steven Osborne et Pavel Kolesnikov, frisant, tous deux, le sublime. Nous retrouvons Angela Hewitt là où nous l’avions laissée au début de la décennie : avec son piano Fazioli, capté de manière précise et analytique par l’excellent Ludger Böckenhoff, jouant Beethoven avec un toucher net et un regard analytique. Il y a sans doute une clientèle pour ce pianisme vertical, « de doigts », qui fait peut-être merveille dans Jean-Sébastien Bach mais qui, dans Beethoven, manque de variété de toucher, de liant, de matière sonore, de main gauche. On ne fait pas un gros feu avec seulement du bois d’allumage…

 

Angela Hewitt joue un extrait du Finale de la Sonate n° 1 de Beethoven

Ludwig van Beethoven

★★★
Classique

Sonates pour piano (vol. 8) : Sonates nos 1, 10, 21, « Waldstein » et 22, Angela Hewitt (piano), Hyperion CDA 68220