L’étrange pays, Jean Leloup

Vous n’en reviendrez pas à quel point c’est somptueux, grandiose, richissime, tout ce qu’on entend en écoutant ce nouveau Leloup. Seulement voilà, ce que vous entendrez n’est pas audible : ça se passera dans votre tête. Littéralement, entre vos deux oreilles. Jean, lui, a fourni les éléments de base : sa guitare qui groove comme jamais, sa voix de Leloup, son verbe leste, et tout un tas de lignes chocs en boucle. Treize titres créés, enregistrés toutes voiles dehors sur moult balcons et dans moult contrées diverses, incluant l’espace et les bruits autour. S’il y décline à sa manière habituelle — intarissable flot à débit variable — les thèmes personnels les plus universels, de la vie à la mort avec tout ce qu’il y a entre les deux, le propos n’a jamais été aussi efficacement pénétrant, à la fois lame nue (terrible chanson-titre) et caresse infiniment délicate (Au jardin de ma mère). « J’attends les goélands / Qui me diront si j’ai vécu réellement », chante-t-il. La balle est dans notre camp.

Écoutez L'oiseau-vitre

L’étrange pays

★★★★ 1/2
Chanson

Jean Leloup, Grosse Boîte