Designer, Aldous Harding

Parmi les facteurs hypnotiques qui composent le personnage mis au monde par la Néo-Zélandaise Hannah Harding, on retrouve une ambitieuse redéfinition de l’artiste actuel. Dans un monde « boosté » aux mèmes, où la figure du génie musical est celle du mec mal peigné qui se cache derrière une prose absurdiste, cette sirène-sorcière provoque un malaise. Par exemple, la vidéo accompagnant l’extrait The Barrel la présente magnifique et élégante, mais animée de mouvements étrangement robotiques, le regard fixant le spectateur, jusqu’à ce qu’un masque difforme vienne remplacer son visage. C’est autant sa voix aux mille octaves que ce refus catégorique de se faire objet de la projection d’un désir libidineux ou paternaliste qui la rendent intéressante. Party (2017), l’oeuvre précédente, plus dense, explorait un côté sombre. Cette fois, Harding marche dans la lumière et retourne aux pickings (Designer, The Barrel) et à l’instrumentation aérée (Zoo Eyes) du folk organique. Mais ça ne veut pas dire que l’énigme se dissipe.

Designer

★★★★
Folk pop

Aldous Harding, 4AD