Le Néerlandais Duncan Laurence est couronné vainqueur de l’Eurovision

Le chanteur néerlandais âgé de 25 ans, a remporté la victoire grâce au vote populaire, obtenant 492 points.
Photo: Sebastian Scheiner Associated Press Le chanteur néerlandais âgé de 25 ans, a remporté la victoire grâce au vote populaire, obtenant 492 points.

Duncan Laurence, le représentant des Pays-Bas, a remporté samedi le Concours Eurovision de la chanson 2019 qui s’est déroulé à Tel-Aviv, en Israël. Le chanteur néerlandais âgé de 25 ans, de son vrai nom Duncan de Moor, était considéré comme le favori de la compétition depuis la sortie de sa ballade « Arcade ».

«Magnifique!», a réagi le Premier ministre néerlandais Mark Rutte. «Quelle prestation de @dunclaurence qui a réussi à tenir à son rôle de favori avec une performance sublime et puissante.»

Le chanteur, qui a révélé sa bisexualité en 2016, profite de sa nouvelle notoriété pour appeler à la tolérance, affirmant que son amour de la musique lui a servi de refuge pour surmonter des moments difficiles lors de son enfance passée dans une petite ville et durant laquelle il était estampillé par certains comme le «mini-sosie d’Harry Potter».

Le titre de Duncan Laurence, arrivé troisième du vote du jury de professionnels, a fait la différence grâce aux suffrages des téléspectateurs, obtenant 492 points. Il a devancé Mahmood (Italie) qui a recolté 465 points, Sergueï Lazarev (Russie), 369, Luca Hänni (Suisse), 360 et KEiiNo (Norvège), 338.

Le candidat français Bilal Hassani n’a pu faire mieux qu’une 13e place, ex aequo avec le duo slovène Zala Kralj et Gašper Šantl, après une récolte de 105 points.

Des numéros de 26 participants étaient au programme de la soirée ainsi que ceux de gagnants des années antérieures, dont Netta Barzilai qui a été couronnée à l’Eurovision 2018, Conchita Wurst et Verka Serduchka.

Parmi les participants qui ont chanté sur la scène samedi soir figure la représentante de la Grèce, Katerine Duska, native de Montréal.

Une édition controversée

Le millésime 2019 de l’Eurovision a tenu la promesse de l’effusion rutilante et tapageuse attendue. La finale de l’Eurovision, résolument apolitique mais précédée par les appels au boycott de la part des défenseurs des Palestiniens, n’a pas échappé entièrement à la controverse.

Selon les médias israéliens, deux des danseurs de Madonna, annoncée comme la grande invitée vedette de la soirée, arboraient dans le dos des drapeaux israélien et palestinien dans ce qui ressemblait à un message de fraternité.

Madonna était venue interpréter, en première mondiale sur scène selon les organisateurs de l’Eurovision, le titre «Future» extrait de son prochain album studio «Madame X», dont la sortie est prévue le 14 juin.

Elle avait résisté aux appels au boycott lancés à son adresse de la part de militants pro-palestiniens, qui dénonçaient une entreprise culturelle visant selon eux à occulter les réalités du conflit israélo-palestinien.

Interrogée avant de se produire par les présentateurs sur le message qu’elle souhaitait adresser lors de l’Eurovision, Madonna a répondu: «Nous ne devons jamais sous-estimer le pouvoir qu’a la musique pour rassembler les gens». On ignore si elle était au courant du fait que certains de ses danseurs arboreraient plus tard les drapeaux israélien et palestinien.

Son interprétation de «Future» et du célèbre «Like A Prayer» à l’occasion du 30ème anniversaire de ce tube a été critiquée sur les réseaux sociaux.

Des dizaines de millions de personnes à travers le monde, sans doute indifférents ou ignorants des appels au boycott lancés par les défenseurs des Palestiniens, ont suivi l’autoproclamée plus grande compétition musicale au monde.

Habituée d’Israël où elle a donné plusieurs concerts, le dernier remontant à 2012, Madonna est adepte de la Kabbale, la mystique juive secrète et réservée aux initiés. Elle a choisi à ce titre de se faire appeler Esther.

La diva américaine de 60 ans est arrivée mardi en Israël entourée de 135 personnes dont 40 choristes, 25 danseurs et une équipe de techniciens, selon des informations de presse. Une grande partie de la facture est réglée par le milliardaire israélo-canadien Sylvan Adams, selon la presse locale.

Réputé pour sa vie nocturne animée, Tel-Aviv fournissait une destination appropriée pour accueillir ce sommet d’extravagance musicale et télévisuelle, peut-être le plus grand évènement culturel profane jamais organisé dans le pays.

Le groupe punk islandais Hatari a présenté sans incident son numéro au cours du concert. La formation avait attiré l’attention en s’engageant à ne pas être présente à la grande finale pour dénoncer les politiques israéliennes à l’endroit des Palestiniens. Plus tard, il avait promis d’utiliser l’Eurovision pour exposer « la face de l’occupation ».

Toutefois, au cours de la conférence de presse présentée au terme des demi-finales, Hatari a préféré présenter un message positif. « Dans la foulée du climat de haine qui s’élève en Europe, nous devons nous unir et nous rappeler qu’il faut aimer », a-t-il dit.

Après la victoire de Netta Barzilaï en 2018, le choix de Tel-Aviv ne s’était pas imposé comme une évidence. Des personnalités politiques comme la ministre de droite de la Culture Miri Regev préféraient Jérusalem, pour des raisons politiques.

D’éminents rabbins ultra-orthodoxes israéliens avaient appelé à prier pour dénoncer la «profanation» que constituait, selon eux, la tenue du concours de l’Eurovision durant shabbat, le jour sacré de repos hebdomadaire juif.

Israël espère tirer tout le profit possible de l’Eurovision et projeter une image d’hospitalité et de diversité. Tel-Aviv, la vibrante capitale économique et culturelle d’Israël, s’enorgueillit d’être une ville moderne, cosmopolite, accueillante, et un havre pour les homosexuels, avec notamment l’organisation de la plus grande Marche des fiertés de la région.