Franz Schubert, Sonates et impromptus, András Schiff

Le grand mais déconcertant pianiste hongrois András Schiff alterne chez ECM les parutions au piano moderne et au pianoforte. Après son intégrale Decca des années 1990, il réenregistre Schubert dans un geste musical épuré des petites coquetteries qu’il se permettait alors. Enlevant le gras autour de la viande, il enlève aussi la chair autour de l’os en recourant à un pianoforte de sa collection, un Franz Brodmann original de 1820 restauré en 1965. La particularité des antiquités restaurées est d’avoir une patine sonore et des limites que les très bonnes copies, plus confortables d’écoute, ne possèdent pas. Mais l’ingénieur du son Stephan Schellmann capte cet instrument dans la vérité de ses timbres préservés par une magnifique restauration. Dans sa nouvelle manière d’aborder les oeuvres, Schiff ne met pas l’accent sur le côté « ultimes paroles » qui leste souvent ces pages d’une charge presque funèbre qu’elles n’ont pas forcément. Très symptomatiquement, le mouvement lent de la Sonate D. 959 est une pérégrination, pas un cérémonial.

András Schiff joue le 2e mouvement de la Sonate D.959 de Schubert
 

Franz Schubert

★★★★ 1/2
Classique

Sonates et impromptus, András Schiff (pianoforte), ECM, 4817252