Le Festival de Lanaudière renoue avec ses couleurs

Le festival se tiendra du 5 juillet au 4 août.
Photo: Festival de Lanaudière Le festival se tiendra du 5 juillet au 4 août.

La direction du Festival de Lanaudière a dévoilé l’intégralité de sa programmation 2019, une manifestation qui se tiendra du 5 juillet au 4 août. Cette 42e saison est la première du nouveau directeur artistique Renaud Loranger. Ce dernier permet au Festival de Lanaudière de renouer avec son ADN et son identité.

Les circonstances permettent à Renaud Loranger de faire encore mieux. En effet, l’Orchestre symphonique de Montréal qui, depuis la prise de fonction de Kent Nagano en 2006, n’était, en raison du calendrier professionnel du chef, plus guère le partenaire flamboyant d’antan, sera présent à quatre reprises. D’abord pour les deux derniers concerts de Kent Nagano en tant que directeur musical dans l’amphithéâtre Fernand-Lindsay, les 2 et 3 août, ce dernier avec la 3e Symphonie de Mahler. Ensuite, pour deux rendez-vous majeurs dans l’optique de sa succession.

 
Photo: Festival de Lanaudière Renaud Loranger

Deux chefs reviendront donc : Alain Altinoglu le 5 juillet, en ouverture, avec notamment Prélude et mort d’Isolde de Wagner et Till l’espiègle de Strauss et, heureuse surprise, Rafael Payare, qui a écorné les boeufs dans la 3e Symphonie de Beethoven lors de sa première apparition, invité le 27 juillet à diriger à 4e Symphonie de Tchaïkovski.

Yannick Nézet-Séguin sera présent la veille avec la 7e Symphonie de Bruckner, et le lendemain avec les deux concertos pour piano de Brahms, un défi relevé par Marc-André Hamelin. Yannick Nézet-Séguin en rajoute lui aussi, puisqu’il dirigera un troisième concert, le 6 juillet, avec Susan Graham dans la Mort de Cléopâtre de Berlioz.

Classique à tous les étages

Le rehaussement de niveau est spectaculaire tous azimuts : les concerts dans les églises sont ainsi à nouveau l’occasion de faire venir dans Lanaudière des artistes internationaux de classe festivalière : le pianiste Francesco Piemontesi (9 juillet), le guitariste Miloš (10 juillet), le précieux ténor Michael Spyres (11 juillet), le Quatuor Miró (18 juillet), Kristian Bezuidenhout (23 juillet), Charles Richard-Hamelin (24 juillet) et Christian Tetzlaff (29 juillet).

Le festival pourrait reprendre un ancien slogan de l’OSM, « On n’est jamais trop classique », puisque même les dimanches ont cette touche de classe : Orchestre baroque de Venise le 7 juillet, Nicolas Ellis et le Métropolitain le 14, l’Ensemble Calefax le 21 pour leur première au Canada, Yannick Nézet-Séguin le 28 et les Grands Ballets canadiens en clôture le 4 août.

Pour monter ce festival classique avec 15 concerts en amphithéâtre et 8 en églises, Renaud Loranger a disposé, selon les chiffres communiqués à la demande du Devoir par François Bédard, directeur général, d’une enveloppe budgétaire de 40 000 $ de plus que Gregory Charles en 2018 pour 12 concerts en amphithéâtre et 9 en églises. Par rapport au festival 2016, le dernier d’Alex Benjamin (respectivement 14 concerts en amphithéâtre et 10 en églises), la prime est toutefois de 140 000 $.

Ce foudroyant revirement artistique et stratégique a été entériné par la même direction et le conseil d’administration (exception faite du directeur du CA, parti pour des raisons personnelles, ce dernier ayant précisé dès son arrivée qu’il n’y serait que « pour un court mandat », précise M. Bédard), qui, il y a deux ans, avait trouvé prioritaire de confier à Gregory Charles une réorientation faisant fi du génome du Festival.