Consecration, Rafael Zaldivar

Donnons à Rafael Zaldivar le mérite d’avoir réfléchi en profondeur le sens de son nouvel album : le titre renvoie à une « immersion spirituelle dans la pensée éternelle de la création à travers la connaissance de l’énergie et sa manifestation dans la matière », le tout étant lié à la « main afro-cubaine d’Orula », déesse de la religion yoruba. Voilà pour l’explication métaphysique. Concrètement — musicalement, plutôt —, le pianiste-claviériste cubain établi à Montréal depuis une douzaine d’années offre un album aussi ambitieux qu’intrigant : jazz contemporain qui revendique pleinement ses racines africaines (c’est en filigrane sur plusieurs pièces, mais dit plus clairement sur Congo), qui se veut dense et aéré, qui alterne les phases de tension et de répit, qui dévoile de superbes mélodies, mais impose surtout une approche rythmique et harmonique poussée, etc. Ce qui émerge au bout de l’aventure ? La valeur de ce musicien de détails et de nuances, doté d’une vision précise de l’art qu’il développe.

Consecration

★★★ 1/2
Jazz

Rafael Zaldivar, Effendi