Une expertise très encourageante pour l’orgue de Notre-Dame

L’orgue devrait pouvoir être remis en fonction dans une quinzaine de jours afin de faire un diagnostic plus approfondi.
Photo: Stéphane de Sakutin Agence France-Presse L’orgue devrait pouvoir être remis en fonction dans une quinzaine de jours afin de faire un diagnostic plus approfondi.

L’orgue de Notre-Dame de Paris a pu être examiné de près mardi et expertisé en détail par Pascal Quoirin, acteur majeur de la dernière restauration opérée entre 2012 et 2014 qui a notamment doté l’instrument d’une nouvelle console et d’un nouveau système informatique.

Le facteur d’orgues, qui a créé en 1970 un atelier de très grande réputation, a publié sur sa page Facebook le résumé suivant : « Très bonnes nouvelles du grand orgue de Notre-Dame. Après deux heures d’examen de la partie instrumentale, je n’ai constaté aucun dégât qui aurait pu être causé par l’incendie. Simplement de la poussière, une poussière propre brun clair un peu comme du sable, poussière sèche non collante. »

« Il y avait un thermomètre à mémoire à l’intérieur de l’instrument, il indique une température de 17 degrés le jour de l’incendie. Donc aucune dégradation de la tuyauterie et de tous les composants électroniques. Dans une quinzaine de jours, nous pourrons remettre l’orgue en fonction pour pouvoir faire un diagnostic plus approfondi, notamment sur l’état des sommiers, mais franchement je suis très optimiste. »

Pascal Quoirin recommande de « confiner l’orgue dans une cage bien étanche et climatisée » avant d’opérer un « dépoussiérage, plan par plan » afin de jouer l’orgue régulièrement. Le confinement pourra être démonté « lorsque la voûte sera reconstruite ».

Par contre, conformément aux craintes, l’orgue de choeur, qui a été abondamment arrosé lors des opérations d’extinction de l’incendie, est en nettement moins bon état. Toujours selon Pascal Quoirin : « Ce sont surtout les transmissions qui sont atteintes, ainsi que les réservoirs. L’empoussièrement est général et le mélange avec l’eau n’incite pas à un diagnostic très favorable. Je pense que toute la partie instrumentale ne sera pas récupérable mis à part la tuyauterie. Nous n’avons pas pu examiner la console, celle-ci est vraiment située au plus mauvais endroit… »

Quant aux craintes émises au lendemain de l’incendie par les organistes Philippe Lefebvre à l’AFP et Olivier Latry au Devoir sur de possibles déformations structurelles après séchage de la terrasse surplombant le grand orgue, M. Quoirin, que Le Devoir a pu joindre mercredi, précise que ce n’est pas du domaine d’expertise de sa société, mais ajoute aussitôt : « L’architecte des monuments historiques que j’ai vu mardi n’a émis aucune crainte à ce sujet et a par ailleurs constaté que la rosace derrière l’orgue est intacte. »

Qui aurait cru cela possible en voyant de telles images ?